«Shutdown» aux Etats-Unis: Le secrétaire au Commerce ne «comprend pas» pourquoi des fonctionnaires non payés vont à la soupe populaire

ETATS-UNIS Wilbur Ross conseillent aux employés fédéraux affectés par la crise budgétaire d'emprunter de l'argent...

20 Minutes avec AFP

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Wilbur Ross, ministre américain du Commerce possède une fortune évaluée à 700 millions de dollars par Forbes.
Wilbur Ross, ministre américain du Commerce possède une fortune évaluée à 700 millions de dollars par Forbes. — AFP

On appelle ça un moment « Marie-Antoinette ». Le ministre américain du Commerce, le multi-millionnaire Wilbur Ross, a suscité jeudi des réactions indignées pour avoir déclaré ne pas comprendre pourquoi certains fonctionnaires fédéraux, non payés depuis 33 jours en raison du shutdown, recouraient parfois à l’aide alimentaire.

Interrogé sur le fait que ces employés fédéraux se tournaient vers les soupes populaires ou les banques alimentaires, Ross a répondu : « Je sais qu’ils le font et je ne comprends pas vraiment pourquoi ». Le ministre a en effet expliqué qu’il existait des prêts à faible taux d’intérêt permettant d’invalider toute « excuse » qui justifierait une crise de trésorerie dans les foyers touchés. « Ce sont des prêts garantis par l’Etat qui s’y est engagé, ces gens seront à nouveau payés quand la situation sera réglée », a-t-il assuré.

« Qu’ils mangent de la brioche »

Ces déclarations ont valu à Ross d’être comparé à la reine de France Marie-Antoinette par les deux chefs des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi et Chuck Schumer. Ils ont fait une analogie avec la fameuse phrase attribuée – par erreur, semble-t-il – à Marie-Antoinette pendant la disette de 1789: « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! » « Ces propos sont effroyables et illustrent l’indifférence cruelle du gouvernement à l’égard des employés fédéraux », a commenté Chuck Schumer.

Wilbur Ross n’est pas le seul déconnecté de la réalité, alors que 77 % d’Américains vivent « paycheck to paycheck », sans économies pour faire face à des imprévus. La belle-fille du président américain, Lara Trump, a récemment déclaré que ne pas être payé « faisait un peu mal mais en valait la peine [pour obtenir la construction du mur] ». Et un conseiller économique de la Maison Blanche, Kevin Hassett, a comparé la situation à « des vacances ». La plupart des 800.000 employés fédéraux auront droit à un rattrapage, mais des millions de sous-traitants qui ont des contrats avec le gouvernement américain auront, eux, un manque à gagner. De quoi expliquer que 66 % des Américains sont favorables à une fin du shutdown, même sans enveloppe pour le mur voulu par Donald Trump.