Affaire Knox: La CEDH condamne l'Italie pour l'absence d'avocat et d'interprète professionnel

JUSTICE La cour pointe l’absence d’enquête par les autorités italiennes sur les « traitements dégradants » dont Amanda Knox s’est dite victime…

20 Minutes avec AFP

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Amanda Knox, le 5 janvier 2013, sur le plateau de l'émission Good Morning America.
Amanda Knox, le 5 janvier 2013, sur le plateau de l'émission Good Morning America. — MEDIAPUNCH/REX FEATURES/SIPA

La cour européenne des droits de l’homme (CEDH), saisie par l’Américaine Amanda Knox, au cœur d’une retentissante affaire de meurtre en 2007, a condamné ce jeudi l’Italie pour diverses violations de ses droits qui avaient entraîné sa condamnation pour dénonciation calomnieuse. Selon la jeune femme, les « violences » et « menaces » qu’elle a subies de la part des policiers lors d’un interrogatoire l’avaient conduite à accuser à tort un protagoniste de l’affaire.

Lors de l’interrogatoire « qui s’est déroulé le 6 novembre 2007, Amanda Knox avait accusé le gérant d’un pub d’avoir tué sa colocataire » alors que « ce dernier fut innocenté par la suite, et Amanda Knox fut condamnée à trois ans de réclusion pour dénonciation calomnieuse », rappelle la CEDH.

Des « traitements dégradants »

La cour pointe l’absence d’enquête par les autorités italiennes sur les « traitements dégradants » dont Amanda Knox s’est dite victime, mais aussi l’absence d’un avocat lors de son audition et la présence d’une « employée du commissariat » faisant office d’interprète.

Celle-ci, ont relevé les juges européens, « s’était attribuée un rôle de médiatrice » et « avait acquis une attitude maternelle envers Amanda Knox pendant que cette dernière formulait sa version des faits » ce qui, selon eux, avait « compromis l’équité de la procédure dans son ensemble ».

Dans la nuit du 1er au 2 novembre 2007, Meredith Kercher, étudiante britannique de 21 ans, avait été retrouvée violée et poignardée de 47 coups de couteau dans l’appartement qu’elle partageait avec Amanda Knox, une étudiante américaine, à Pérouse, dans le centre de l’Italie.

Le 6 novembre, la police avait arrêté Amanda Knox, son petit ami italien Raffaele Sollecito et Diya Lumumba, le propriétaire congolais du bar dans lequel elle travaillait.

Multiples rebondissements

Cette affaire aux multiples rebondissements avait ensuite tenu en haleine les médias anglo-saxons et inspiré, livres, documentaires ou téléfilm. Au terme de l’interrogatoire du 6 novembre, Amanda Knox avait accusé Diya Lumumba d’être l’auteur du meurtre. Mais il avait rapidement été mis totalement hors de cause.

En première instance, l’Américaine et Raffaele Sollecito, qui clamaient leur innocence, avait été condamnés en 2009 à 26 et 25 ans de réclusion pour ce meurtre. La justice estimait que les deux jeunes amants avaient donné à Meredith Kercher le coup fatal, tandis qu’un Ivoirien, Rudy Guédé, lui tenait les bras parce qu’elle refusait de participer à un jeu sexuel. Rudy Guédé a été condamné à 16 ans de prison dans un procès distinct.

Mais en octobre 2011, la cour d’appel de Pérouse avait relaxé Amanda Knox et Raffaele Sollecito, l’Américaine regagnant alors immédiatement son pays. Un nouveau rebondissement est survenu en 2013, quand la Cour de cassation italienne a annulé l’acquittement de Knox et de Sollecito. En janvier 2014, ils ont été condamnés respectivement à 28 ans et six mois et 25 ans de prison avant d’être mis définitivement hors de cause en mars 2015 par la Cour de cassation, après huit ans de procédure.

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