VIDEO. Venezuela: Qui est Juan Guaido, le «gamin» qui défie Maduro et s'est autoproclamé «président» par intérim?

INTERNATIONAL Les Etats-Unis, le Canada et le Brésil ont reconnu la légitimité du président du Parlement...

20 Minutes avec AFP

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Juan Guaido s'est autoproclamé président par intérim du Venezuela devant des milliers de supporteurs le 23 janvier 2019.
Juan Guaido s'est autoproclamé président par intérim du Venezuela devant des milliers de supporteurs le 23 janvier 2019. — Cristian Hernandez/EFE/SIPA

Il est jeune, il est capable de mobiliser des dizaines de milliers de supporteurs, et surtout, Juan Guaido, député de 35 ans, qui s’est autoproclamé « président » par intérim du Venezuela, a reçu le soutien des Etats-Unis et du Brésil, mercredi. En quelques semaines, il est devenu le visage de l’opposition au chef de l’Etat, Nicolas Maduro, en réussissant à remobiliser les adversaires du dirigeant socialiste.

Etudiant anti-Chavez

« Je suis un survivant, pas une victime », aime à rappeler Juan Guaido, marié et père d’une petite fille, en référence à la tragédie de 1999 dans l’Etat de Vargas dont il sortira indemne. En décembre de cette année-là, des pluies diluviennes causent d’énormes éboulements dans cette zone, à 25 kilomètres au nord de Caracas, provoquant la mort de 10.000 personnes, selon la Croix-Rouge. « Je sais ce que c’est d’avoir faim », confie-t-il.

Juan Guaido débute en politique en 2007 avec la génération des étudiants qui descendent dans la rue contre le défunt ex-président Hugo Chavez (1999-2013). « Guaido est un nouveau visage, vu comme un homme de consensus par les modérés et respecté aussi par les radicaux pour avoir participé activement aux manifestations », explique à l’AFP Diego Moya-Ocampos, analyste du cabinet IHS Markit, basé à Londres.

Plus jeune président du Parlement

Membre fondateur du parti Volonté populaire en 2009, il en devient un des chefs de file, son leader Leopoldo Lopez ayant passé ces dernières années en prison ou assigné à résidence, accusé d’incitation à la violence lors d’une vague de manifestations en 2014. Suppléant en 2010, Juan Guaido est élu député de son Etat de Vargas en 2015.

Ce parfait inconnu, au physique élancé et à la voix posée, est devenu le 5 janvier le plus jeune président du Parlement, unique institution contrôlée par l’opposition. C’est « un gamin qui joue à la politique », a dit de lui Nicolas Maduro.

Reconnaissance des Etats-Unis

Le 13 janvier, les images de son arrestation par les services de renseignement vénézuéliens (Sebin), lors d’une opération spectaculaire au milieu de l’autoroute, alors qu’il se rendait à une réunion politique, font le tour du monde. Il sera relâché au bout d’une heure. Deux jours après, le vice-président américain, Mike Pence, l’appelle pour souligner son « leadership courageux » et exprimer le « soutien ferme » des États-Unis à l’Assemblée nationale du Venezuela qu’ils considèrent comme « la seule entité démocratique légitime de ce pays ».

Mercredi, Juan Guaido a d’ailleurs été immédiatement reconnu comme « président » par interim par le président américain, Donald Trump, et du secrétaire général de l’Organisation des Etats américains, l’Uruguayen Luis Almagro. Le Canada, le Brésil et le Pérou ont fait pareil. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a dit sur Twitter « espérer que toute l’Europe va être unie en soutien des forces démocratiques au Venezuela ». « Contrairement à Maduro, l’Assemblée parlementaire, y compris Juan Guaido, a un mandat démocratique », a-t-il ajouté.

Reconnaissance… d’Instagram

Plusieurs tweets de médias sud-américains ont fait le tour de la Toile : Juan Guaido a le « check » bleu d’un compte vérifié Instagram, mais pas Nicolas Maduro.

Il ne s’agit toutefois pas de web-géopolitique : un porte-parole du réseau a expliqué au Guardian que Maduro n’a jamais été vérifié sur Facebook ou Instagram car il n’en a jamais fait la demande, contrairement à Guaido. CQFD.

Risque de violences

Des heurts ont éclaté mercredi entre forces de l’ordre et partisans de l’opposition à Caracas, ont rapporté des journalistes de l’AFP. Treize personnes ont été tuées en deux jours dans le cadre des manifestations antigouvernementales qui ont secoué le Venezuela, a indiqué mercredi une organisation non gouvernementale de défense des droits humains. Washington a indiqué que « toutes les options » étaient sur la table si Nicolas Maduro avait recours à la force contre les manifestations d’opposants.