Italie: Matteo Salvini qualifie Macron de «très mauvais président»

AMBIANCE Le ministre italien a déclaré espérer que les Français se débarrassent de leur président lors des élections européennes du 26 mai…

20 Minutes avec AFP

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Matteo Salvini sur un plateau télé en Italie, le 9 décembre 2018.
Matteo Salvini sur un plateau télé en Italie, le 9 décembre 2018. — SIPA

Nouvelle détérioration des relations entre la France et l’Italie. Après une sortie peu diplomatique lundi sur les relations entre la France et l’Afrique, le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, récidive et se paie cette fois-ci Emmanuel Macron, qu’il qualifie de « très mauvais président ».

« J’espère que les Français pourront se libérer d’un très mauvais président, et l’occasion est celle du 26 mai [les élections européennes] quand finalement le peuple français pourra reprendre en main son avenir et son destin, son orgueil mal représentés par un personnage comme (Emmanuel) Macron », a affirmé sur Facebook Matteo Salvini, qui est aussi vice-président du Conseil et patron de la Ligue (extrême droite).

Des « sanctions » contre la France

« Je suis proche, avec tout mon cœur et tout mon travail, du peuple français, de millions d’hommes et de femmes qui vivent en France avec un très mauvais gouvernement et un très mauvais président de la République », a ajouté Matteo Salvini dans sa vidéo. Cette énième attaque contre le président français intervient après un tir de barrage la veille du Mouvement 5 Etoiles, l’autre composante de la majorité gouvernementale, et de son chef de file, Luigi Di Maio, contre la France « colonialiste ».

L’ambassadrice d’Italie en France a été convoquée lundi au ministère français des Affaires étrangères après les propos de Luigi Di Maio, qui est également vice-président du Conseil, accusant la France « d’appauvrir l’Afrique » et d’aggraver la crise migratoire. Il avait souhaité dimanche que l’Union européenne prenne « des sanctions » contre les pays qui, à commencer par la France, sont selon lui à l’origine du drame des migrants en Méditerranée en les « faisant partir » d’Afrique.

Soutien des « gilets jaunes »

« Si aujourd’hui il y a des gens qui partent c’est parce que certains pays européens, la France en tête, n’ont jamais cessé de coloniser des dizaines de pays africains », a insisté Luigi Di Maio, également ministre du Travail et du Développement économique. Il a toutefois nié être à l’origine d’un « incident diplomatique », en confirmant lundi ses propos. « Je pense que tout cela est vrai. La France est un de ces pays qui, parce qu’il imprime la monnaie de 14 pays africains, empêche le développement et contribue au départ des réfugiés. Si l’Europe veut en ce moment avoir un peu de courage, elle doit avoir la force d’affronter le thème de la décolonisation de l’Afrique », avait-il déclaré.

Les relations entre Paris et Rome sont extrêmement tendues depuis l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite alliée aux antisystème en Italie en juin 2018. Le gouvernement italien a apporté de façon très démonstrative son soutien aux « gilets jaunes », mouvement social qui bouscule la présidence d’Emmanuel Macron en France. Matteo Salvini avait déjà accusé le président français de gouverner « contre son peuple » et enfoncé le clou en allant jusqu’à souhaiter son départ au « plus vite ».