Les principaux points de la comparution immédiate de Radovan Karadzic

JUSTICE L'ancien chef des Serbes de Bosnie se défendra seul...

Sylvain Mouillard avec agence

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L'ancien chef des Serbes de Bosnie comparaît notamment pour génocide.
L'ancien chef des Serbes de Bosnie comparaît notamment pour génocide. — Reuters/Jerry Lampen

La comparution immédiate de Radovan Karadzic devant le Tribunal pénal international de La Haye (TPI) s'est terminée jeudi peu après 17h10. L'ancien chef des Serbes de Bosnie faisait là sa première apparition publique depuis des années. Il est arrivé au TPI peu après 16h, et l'audience a alors commencé. Le TPI a dû instaurer une procédure d'accréditation spéciale en raison de l'affluence des médias.

Selon la procédure en vigueur, le juge néerlandais Alphons Orie a commencé par détailler les onze chefs d'inculpation de génocide, crimes de guerre et crime contre l'humanité, retenus depuis treize ans contre Radovan Karadzic. Ces faits se sont déroulés durant la guerre de Bosnie (1992-1995), qui a fait plus de 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés.

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Radovan Karadzic, 63 ans, a ensuite détaillé son identité et ses lieux de résidence. Il a également confirmé qu'il se défendrait seul et qu'il ne souhaitait pas bénéficier du soutien d'un avocat commis d'office.

Un «accord» conclu avec les Etats-Unis?

Il a indiqué souhaiter bénéficier du délai de trente jours avant de dire s'il plaiderait coupable ou non. Puis, il a évoqué un «accord» conclu avec le négociateur américain Richard Holbrooke lors de la signature des accords de Dayton (1995) mettant fin à la guerre de Bosnie en échange de son retrait de la vie publique.

La famille de Karadzic a affirmé à plusieurs reprises que Richard Holbrooke aurait promis qu'il ne livrerait pas Karadzic au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie en échange de sa mise à l'écart de la vie publique et politique. Ceci expliquerait pourquoi Karadzic, inculpé en 1995, a réussi à échapper si longtemps à la justice internationale.

Les Etats-Unis ont toujours nié l'existence d'un tel accord. L'ancien négociateur américain Richard Holbrooke a démenti, dans un entretien diffusé jeudi sur CNN, avoir passé un tel accord. La prochaine audience a été fixée au 29 août.

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L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie devrait bénéficier du soutien de la Russie, traditionnel soutien de Belgrade, et qui estimé que son arrestation était «une affaire strictement intérieure» de la Serbie. Le ministère russe des Affaires étrangères avait déclaré la semaine dernière que le procès de Radovan Karadzic devait être «impartial», réitérant son appel à «mettre fin» aux activités du TPI dont il dénonce le «parti pris».