Affaire Carlos Ghosn: Le tribunal rejette une nouvelle demande de libération sous caution

JAPON Carlos Ghosn avait proposé d'être placé sous bracelet électronique, mais ce dispositif assez courant en France n'existe pas au Japon...

20 Minutes avec AFP

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La prison où est détenu Carlos Ghosn à Tokyo.
La prison où est détenu Carlos Ghosn à Tokyo. — Eugene Hoshiko/AP/SIPA

Les arguments de Carlos Ghosn n'ont pas convaincu la justice japonaise. Le tribunal de Tokyo a annoncé mardi le rejet d'une nouvelle demande de libération sous caution, déposée la semaine précédente par son avocat. Celui qui est toujours officiellement PDG de Renault, détenu depuis deux mois à Tokyo, avait promis de rester au Japon si on lui accordait le droit de sortir de prison.

Carlos Ghosn est sous le coup de trois inculpations, pour abus de confiance et autres malversations financières. Il doit rester en détention provisoire jusqu'au 10 mars au moins. Une autre demande de libération sous caution avait déjà été rejetée en première instance puis en appel la semaine passée.

Le principal avocat du dirigeant de 64 ans, Motonari Otsuru, avait choisi de déposer un nouveau recours en modifiant l'argumentaire, en vain. Il a encore la possibilité de faire appel de cette décision pour donner une nouvelle chance à son client.

Le bracelet électronique n'existe pas au Japon

Le tribunal justifie la détention de Carlos Ghosn par un risque de dissimulation ou destruction de preuves et de fuite. Les procureurs ont argué auprès du juge qu'étant le plus souvent à l'étranger, il pourrait être tenté de se soustraire à la justice japonaise. Carlos Ghosn avait proposé d'être placé sous bracelet électronique, mais ce dispositif assez courant en France n'existe pas au Japon.

Des restrictions de déplacements peuvent encadrer une éventuelle remise en liberté, comme c'est le cas pour son ex-bras droit, Greg Kelly, arrêté en même temps que lui puis relâché le 25 décembre. Les charges à l'encontre de l'Américain sont moins lourdes, mais il a interdiction de quitter le territoire japonais ou d'entrer en contact avec des protagonistes de l'affaire.

Carlos Ghosn a pu défendre sa cause au début du mois au tribunal, lors d'une comparution exceptionnelle à sa demande. Amaigri et menotté jusqu'à l'entrée dans la salle d'audience, il s'était dit «faussement accusé», démentant les allégations point par point. Le procès du patron déchu, qui risque jusqu'à 15 ans de prison, n'aura pas lieu avant des mois, selon son avocat.