Propos de Luigi Di Maio: L'ambassadrice d'Italie à Paris convoquée au Quai d'Orsay

TENSIONS Le vice-président du Conseil italien a eu des propos très forts concernant la politique migratoire et la colonisation de la France. Pas du tout du goût de la diplomatie française...

L.Gam. avec AFP

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Vice-président du Conseil italien, Luigi Di Maio a accusé la France "d'appauvrir l'Afrique" et d'aggraver la crise migratoire.
Vice-président du Conseil italien, Luigi Di Maio a accusé la France "d'appauvrir l'Afrique" et d'aggraver la crise migratoire. — SIPA

Luigi Di Maio persiste et signe. Après sa sortie dimanche où il a accusé la France « d’appauvrir l’Afrique » et d’aggraver la crise migratoire, le vice-président du Conseil italien en a remis une couche ce lundi. De quoi sérieusement contrarier l’exécutif français, qui a convoqué l’ambassadrice d’Italie dans l’Hexagone, au ministère des Affaires étrangères.

Les relations entre Paris et Rome sont extrêmement tendues depuis l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite alliée aux antisystème en Italie en juin 2018. Luigi Di Maio et le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, patron de la Ligue, ont apporté de façon très démonstrative leur soutien aux « gilets jaunes », mouvement social qui bouscule la présidence d’ Emmanuel Macron en France. Matteo Salvini a accusé le président français de gouverner « contre son peuple » et enfoncé le clou en allant jusqu’à souhaiter son départ (« Plus vite il rentre chez lui, mieux ça vaut ! », a-t-il lancé).

Pas « d’incident diplomatique » pour Di Maio

« Le directeur de cabinet de la ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a convoqué l’ambassadrice d’Italie (Teresa Castaldo) à la suite des propos inacceptables et sans objet tenus par des autorités italiennes hier », a-t-on indiqué au cabinet de la ministre.

Luigi Di Maio a souhaité dimanche que l’Union européenne prenne « des sanctions » contre les pays qui, à commencer par la France, sont selon lui à l’origine du drame des migrants en Méditerranée en les « faisant partir » d’Afrique. « Si aujourd’hui il y a des gens qui partent c’est parce que certains pays européens, la France en tête, n’ont jamais cessé de coloniser des dizaines de pays africains », a insisté Luigi Di Maio, chef politique du Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème) qui gouverne avec la Ligue (extrême droite).

Le vice-président du Conseil italien, qui est aussi ministre du Développement économique, a persisté lundi dans ses propos. « Je ne crois pas qu’il y ait un incident diplomatique » a-t-il confié à la presse avant d’ajouter : « Je pense que cela tout est vrai. La France est un de ces pays qui, parce qu’il imprime la monnaie de 14 pays africains, empêche le développement et contribue au départ des réfugiés. Si l’Europe veut en ce moment avoir un peu de courage elle doit avoir la force d’affronter le thème de la décolonisation de l’Afrique ».