Chine: La croissance progresse au rythme le plus faible depuis 28 ans

ECONOMIE Si la croissance chinoise est enviée par les économies occidentales, elle est aussi la plus faible depuis 1990, à laquelle avaient ensuite succédé des années de croissance à deux chiffres...

20 Minutes avec AFP

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Une vendeuse ambulante pousse un chariot sur lequel ont été entassées des carcasses de chiens destinés à la consommation à Yullin, en Chine, le 20 juin 2018.
Une vendeuse ambulante pousse un chariot sur lequel ont été entassées des carcasses de chiens destinés à la consommation à Yullin, en Chine, le 20 juin 2018. — PAK YIU / AFP

Le plus faible niveau depuis 28 ans. En perte de vitesse en 2018, la croissance chinoise n’avait jamais été aussi basse depuis 1990, en raison des efforts de désendettement, des conflits commerciaux et d’une demande intérieure en baisse.

La hausse du Produit intérieur brut (PIB) a été de +6,6 % l’année dernière, a annoncé lundi le Bureau national des statistiques (BNS). Cette progression est au-dessus de l’objectif de +6,5 % que s’était fixé le gouvernement et conforme à la prévision médiane d’analystes. Si sa croissance reste à un niveau que les économies occidentales peuvent lui envier, elle est aussi la plus faible depuis la très mauvaise année 1990 (+3,9 %) à laquelle avaient ensuite succédé des années de croissance à deux chiffres ou quasiment.

« Les principaux moteurs du ralentissement en cours en Chine sont intérieurs »

La décélération a été continue au fil de l’année 2018 jusqu’à atteindre 6,4 % au quatrième trimestre, son rythme le plus lent depuis 2009, année marquée par la crise financière internationale. Pour Pékin « le plus grand changement vient de l’extérieur » : « tout le monde s’inquiète beaucoup de la direction de la situation internationale. Les variables sont nombreuses comme les facteurs d’incertitude », a déclaré le directeur du BNS, Ning Jizhe. Tout cela « a un impact pour la deuxième économie de la planète, dont le commerce compte pour un tiers du PIB », a-t-il souligné.

Pour les analystes, le ralentissement de l’économie est fortement lié aux mesures prises par Pékin notamment pour réduire son colossal endettement, freinant crédit et dépenses d’infrastructures. « Les principaux moteurs du ralentissement en cours en Chine sont intérieurs. Cela devrait rester le cas à court terme, alors que la confiance des consommateurs s’est affaiblie et que les entreprises ont réduit leurs dépenses en capital », estiment les analystes de Capital Economics. Face au ralentissement, le gouvernement chinois a d’ailleurs assoupli ses politiques dans la deuxième partie de 2018, optant également pour des mesures fiscales comme des baisses d’impôts, dans l’espoir de doper la consommation.

La guerre entre Pékin et Washington a pénalisé l’économie chinoise

Bon nombre d’économistes anticipent néanmoins une poursuite de la décélération, au moins sur la première moitié de 2019. « La croissance va rester sous pression dans les mois à venir. L’objectif des décideurs va être d’endiguer ce ralentissement plutôt qu’essayer de créer une reprise significative », ont commenté les économistes d’Oxford Economics. D’autant qu’une composante essentielle de la richesse chinoise, le commerce, pâtit d’une demande extérieure qui faiblit et du conflit sino-américain.​ « Les exportations chinoises devraient encore faiblir au cours des prochains trimestres, la demande mondiale continuant de se modérer, même si le risque d’un ralentissement généré par une nouvelle escalade de la guerre commerciale a diminué », selon Capital Economics.

Cette guerre a notamment entamé la confiance des marchés, même si elle ne semble avoir pénalisé l’économie chinoise qu’en fin d’année. En décembre, les exportations chinoises, exprimées en dollars, ont reculé de 4,4 %. Washington et Pékin tentent depuis début décembre de résoudre leurs différends. Le négociateur en chef chinois, le vice-Premier ministre Liu He, doit se rendre à Washington les 30 et 31 janvier, un mois avant l’expiration de l’actuelle trêve décidée par les deux puissances.

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