Brexit: Après le rejet de l'accord de divorce, Theresa May va présenter son «plan B»

DIVORCE Dix semaines seulement avant le Brexit, le 29 mars prochain, Theresa May doit maintenant trouver une issue pour éviter au Royaume-Uni une rupture sans accord... 

20 Minutes avec AFP

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Theresa May s'exprime face à la Chambre des communes après le rejet de son accord sur le Brexit, le 15 janvier 2019.
Theresa May s'exprime face à la Chambre des communes après le rejet de son accord sur le Brexit, le 15 janvier 2019. — Mark DUFFY / AFP / UK PARLIAMENT

Après le rejet massif par les députés britanniques de l’accord de divorce négocié par Theresa May avant l’Union européenne, mardi dernier, la Première ministre britannique présente, ce lundi, son « plan B » pour le Brexit devant le Parlement.

Dix semaines seulement avant le Brexit, le 29 mars prochain, Theresa May doit maintenant trouver une issue pour éviter au Royaume-Uni une rupture sans accord, synonyme de risques de pénuries, d’embouteillages monstres aux abords des ports et d’effondrement de la livre. De leur côté, plusieurs groupes de députés ont prévu de tenter de court-circuiter son gouvernement, pour éviter un « no deal » ou reporter la date de sortie.

Vers une union douanière minimale entre le Royaume-Uni et l’UE ?

Affichant sa volonté de dégager un consensus politique, la Première ministre britannique a rencontré au cours des derniers jours des dirigeants de l’opposition, ainsi que de nombreux députés de son parti et des responsables du parti unioniste nord-irlandais DUP, son allié au Parlement. Mais son initiative a fait flop, l’opposition dénonçant son intransigeance et notamment son refus d’écarter l’éventualité d’une sortie de l’UE sans accord.

Selon le Sunday Times, Theresa May projette de proposer un traité bilatéral à l’Irlande, afin de surmonter l’un des principaux points de blocage de l’accord de sortie, la solution dite du « filet de sécurité » (ou « backstop »). Cette disposition, destinée à éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord et qui n’entrerait en vigueur qu’en dernier recours, prévoit une union douanière minimale entre le Royaume-Uni et l’UE, avec en sus, pour l’Irlande du Nord, un alignement sur certaines réglementations européennes en matière sanitaires et de taxes.

Le « plan B » amendé, avant un débat et un vote le 29 janvier prochain

Mais il faudrait convaincre l’UE, qui a toujours dit qu’elle refuserait de rouvrir la discussion sur le « Traité de retrait ». Quant à Dublin, le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney a répété dimanche, dans un tweet, que son pays était « absolument » attaché à l’ensemble du traité, « y compris le backstop ».

Selon le Daily Telegraph, Theresa May réfléchirait même à modifier les accords du Vendredi Saint, qui avaient mis fin à la sanglante période des Troubles en Irlande du Nord, afin d’y inscrire que le Royaume-Uni s’engage à l’absence de frontière terrestre en Irlande. Cela lui permettrait à Londres de contourner le « filet de sécurité ». Les députés britanniques pourront amender le « plan B » proposé lundi par Theresa May, avant un débat et un vote qu’elle a fixés au 29 janvier, à deux mois tout juste du Brexit.

Un risque de « tsunami politique »

Alors que l’opposition a accusé la Première ministre de jouer la montre, pour les forcer à accepter son accord, au moins deux groupes de députés transpartisans prévoient de déposer des amendements pour tenter de prendre la main sur le dossier. L’un d’eux veut empêcher le scénario d’une sortie sans accord tandis que le second, mené par le député conservateur rebelle Dominic Grieve, viserait à suspendre le processus de sortie de l’UE.

Downing Street a qualifié ces projets d'« extrêmement inquiétants ». Le ministre britannique du Commerce extérieur, Liam Fox, a mis en garde contre le risque de « tsunami politique » si les députés ne respectaient pas le résultat du référendum de juin 2016. Cependant, pour le député travailliste Hilary Benn, qui préside le comité chargé du Brexit à la Chambre des Communes, ces initiatives ne visent qu’à « trouver une solution à la pagaille créée par la Première ministre ».