Matteo Salvini est «prêt» à rencontrer Emmanuel Macron pour «ramener» les terroristes réclamés par l'Italie

DIPLOMATIE L'Italie a annoncé samedi avoir recensé 30 personnes condamnées pour terrorisme en fuite à l'étranger et dont elle souhaite qu'ils soient livrés à la justice pour purger leur peine de prison en Italie...

20 Minutes avec AFP

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Matteo Salvini s'est dit "prêt à partir à Paris" pour ramener en Italie les "terroristes" en cavale à l'étranger.
Matteo Salvini s'est dit "prêt à partir à Paris" pour ramener en Italie les "terroristes" en cavale à l'étranger. — Alberto PIZZOLI / AFP

« S’il le faut je suis prêt à partir à Paris pour rencontrer Macron, pour ramener en Italie ces assassins », a déclaré Matteo Salvini, l’homme fort du gouvernement italien, qui est aussi le chef de file de l’extrême droite.

L’Italie a annoncé samedi avoir recensé 30 personnes condamnées pour terrorisme en fuite à l’étranger et dont elle souhaite qu’ils soient livrés à la justice pour purger leur peine de prison en Italie, comme l’ex-militant d’extrême gauche Cesare Battisti incarcéré lundi après 37 ans de cavale.

Quatorze seraient localisés en France

Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, s’est donc dit prêt à rencontrer le président français Emmanuel Macron à Paris au sujet des Italiens recherchés pour terrorisme depuis les « années de plomb », en fuite depuis des décennies à l’étranger, notamment en France.

« Trente terroristes en fuite, 27 de gauche et trois de droite : les noms sont sur le bureau du ministre de l’Intérieur Matteo Salvini », a annoncé le ministère de l’Intérieur sans citer de noms mais en précisant que 14 sont localisés en France.

Mais la presse italienne a publié dimanche la liste complète des personnes condamnées pour des crimes commis en Italie pendant les sanglantes « années de plomb » et dont la moitié vit aujourd’hui en France.

La France, un « port sûr »

Plusieurs d'entre eux ont appartenu aux Brigades rouge (BR), l’organisation d’extrême gauche qui a commis de nombreux attentats et assassinats, notamment l’enlèvement et le meurtre, en 1978, de l’ancien chef du gouvernement italien Aldo Moro.

« A la moitié des années 1980 et jusqu’au début des années 2000, la France a été un port sûr pour les terroristes de toutes les nationalités après des crimes "idéologiques" commis dans leurs pays respectifs, grâce notamment à la doctrine Mitterrand », écrit Le Corriere della Sera qui diffuse la liste des trente personnes recherchées pour terrorisme, certaines avec leur photo.

Le président français François Mitterrand s'était engagé à n'extrader aucun Italien recherché pour terrorisme s’il renonçait à la lutte armée. La « doctrine Mitterrand » avait été remise en cause par la France sous la présidence de Jacques Chirac. Parmi les noms figurent notamment Marina Petrella, 64 ans, ex-membre des BR condamnée à la prison à vie et à qui la France a accordé l’asile politique.

Vivent également en France, selon le Corriere della Sera, Giovanni Alimonte, Enrico Villimburgo, Roberta Cappelli, Sergio Tornaghi, Enzo Calvitti, Maurizio Di Marzio, tous anciens membres des BR. D’autres vivent au Nicaragua (Alessio Casimirri), en Suisse (Alvaro Lojacono) ou en Argentine (Leonardo Bertulazzi).

Le ministère italien de l’Intérieur a précisé samedi que le gouvernement était « prêt à des démarches officielles pour demander la collaboration aux pays hébergeant des terroristes, à commencer par Paris ».