Des avancées inespérées à l'OMC

Avec agences

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La banane de Guadeloupe et Martinique est de retour en France, huit mois après le passage du cyclone Dean qui avait décimé les plantations des Antilles françaises, ont annoncé mardi les producteurs.
La banane de Guadeloupe et Martinique est de retour en France, huit mois après le passage du cyclone Dean qui avait décimé les plantations des Antilles françaises, ont annoncé mardi les producteurs. — Mychele Daniau AFP/Archives

L'OMC tentait dimanche d'accorder ses 153 pays membres autour d'un «paquet» de négociation qui va de la banane au coton, après avoir obtenu une percée inespérée dans ses interminables discussions sur les subventions agricoles et les droits de douane.

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«Maintenant, c'est comme si l'on jonglait avec plusieurs petites balles, en essayant de n'en faire tomber aucune», a expliqué un diplomate. Après une réunion samedi sur l'ouverture du marché des services, qui a permis d'aplanir quelques divergences, les pays membres se sont réunis dimanche en petits groupes pour discuter de dossiers sensibles.

Ils se sont ensuite retrouvés à une trentaine vers 19h00 (17h00 GMT) pour une séance de synthèse, au septième jour d'une réunion cruciale pour sauver sept ans de négociations commerciales, dont le terme n'est toujours pas connu.

La bataille de la banane

La bataille de la banane, qui oppose depuis près de trois décennies l'Amérique latine à l'Europe et à ses anciennes colonies, semblait en passe d'être résolue.

Les négociateurs de l'UE et d'Amérique latine s'apprêtaient dimanche soir à finaliser un accord sur la baisse du droits de douane perçu par Bruxelles sur les importations de bananes d'Amérique Latine.

Vendredi, le directeur général Pascal Lamy a soumis aux sept principales puissances commerciales (Etats-Unis, UE, Brésil, Inde, Chine, Australie et Japon) une série de chiffres sur les deux chapitres-clés du cycle de Doha pour la libéralisation des échanges, l'agriculture et les produits industriels.

Le fragile paquet

Cette proposition a permis une percée inespérée dans les négociations commerciales. Mais «il n'y a pas de garantie que survive le fragile paquet qui a commencé à naître vendredi soir», a mis en garde le négociateur européen Peter Mandelson.

Parmi les pièces du puzzle qui restent à assembler, figure la question du mécanisme de sauvegarde, une protection tarifaire souhaitée par des pays en développement en cas de flambée des importations d'un ou plusieurs produits agricoles.

Produits spéciaux

«Cent pays ont fait une déclaration, soutenue par l'Inde, exprimant leurs préoccupations sur les produits spéciaux et le mécanisme de sauvegarde», a indiqué le ministre indien du Commerce Kamal Nath.

Selon le projet Lamy, les pays en développement pourront définir 12% de produits «spéciaux», protégés d'une trop forte baisse tarifaire au nom de la sécurité alimentaire ou du développement rural. La baisse des droits sur ces produits ne dépasserait pas 11%, et 5% d'entre eux ne subiraient aucune réduction.

L'épineux dossier du coton

Un mécanisme de sauvegarde permettra en outre aux pays en développement de relever les droits en cas de flambée des importations dépassant 40%. Mais des pays du G33 (Inde, Indonésie, Philippines) ont fait part de leurs réticences face à ces propositions, qu'ils considèrent insuffisantes pour protéger leurs petits agriculteurs.

Un autre dossier épineux devait être abordé, celui du coton, qui oppose les pays africains aux Etats-Unis et à l'Union européenne. Mais aucune avancée notable n'était encore apparue en début de soirée.

Les principaux pays producteurs de coton d'Afrique de l'Ouest (Mali, Bénin, Burkina Faso et Tchad) demandent que les Etats industrialisés, essentiellement les Etats-Unis, abaissent leurs subventions, qui plombent selon eux les cours mondiaux et pénalisent le secteur dans les pays pauvres.