Affaire Carlos Ghosn: L'Etat français lâche le PDG de Renault et demande la désignation d'un successeur

DEFIANCE L'Etat est le premier actionnaire de Renault, avec 15,01% du capital...

20 Minutes avec AFP

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Des images de Carlos Ghosn à la télévision japonaise avant sa détention.
Des images de Carlos Ghosn à la télévision japonaise avant sa détention. — Takehito Kobayashi/AP/SIPA

Fin de partie pour Carlos Ghosn chez Renault. L’Etat français, qui avait jusque-là soutenu l’homme d’affaires incarcéré au Japon, demande désormais la désignation d’un successeur à la tête de Renault. Un conseil d’administration devrait être convoqué dans les prochains jours.

« J’ai toujours indiqué, en rappelant la présomption d’innocence de Carlos Ghosn, que s’il devait être durablement empêché, nous devrions passer à une nouvelle étape. Nous y sommes », a reconnu Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, sur LCI. « Dans cette nouvelle étape, nous avons besoin maintenant d’une nouvelle gouvernance pérenne pour Renault », a-t-il ajouté, alors que plusieurs émissaires du gouvernement français se trouvent à Tokyo pour parler du dossier Renault-Nissan.

Une nouvelle tête « pérenne » pour Renault

« J’ai demandé explicitement, comme actionnaire de référence, que le conseil d’administration de Renault soit convoqué dans les prochains jours », a-t-il aussi indiqué. « Nous souhaitons que ce conseil d’administration désigne une nouvelle gouvernance pérenne pour Renault », a souligné le ministre. Le message est clair : la France cherche un successeur à Carlos Ghosn. Le ministre n’a pas précisé si le nouveau PDG prendrait aussi la tête de l’alliance avec les japonais Nissan et Mitsubishi. « Ce sera au conseil d’administration de lui dire exactement les contours de ses fonctions », a-t-il prudemment répondu.

Le ministre s’est voulu rassurant : « Nous souhaitons la pérennité de l’alliance. La question des participations au sein de l’alliance n’est pas sur la table », a-t-il assuré. Interrogé sur l’éventuelle candidature de Jean-Dominique Sénard, le président sortant de Michelin dont le nom circule dans la presse comme possible président non exécutif de Renault, Bruno Le Maire en a loué les qualités sans se prononcer pour autant.

Carlos Ghosn toujours emprisonné

« C’est un grand industriel, un homme qui a une conception sociale de l’entreprise et qui l’a démontré à plusieurs reprises », a-t-il déclaré, soulignant qu’il était « un spécialiste du secteur automobile ». Il a toutefois souligné que « l’Etat se prononcera sur la base des candidats qui lui seront soumis comme actionnaire de référence ».

L’Etat est le premier actionnaire de Renault, avec 15,01 % du capital. Nissan en détient 15 %, mais sans droits de vote en assemblée générale. Renault contrôle pour sa part 43 % de Nissan, qu’il a sauvé de la faillite il y a près de 20 ans.

Carlos Ghosn, mis en examen notamment pour abus de confiance et emprisonné depuis le mois de novembre, a vu sa demande de libération sous caution de nouveau rejetée mardi. Il pourrait rester des mois en prison, ce qui rendrait difficile son maintien à la tête de Renault dont il est toujours PDG.