«Shutdown» aux Etats-Unis: Nancy Pelosi désinvite Donald Trump du discours sur l'état de l'Union

ETATS-UNIS Pour des raisons de sécurité, la Speaker de la Chambre suggère au président de reporter son discours devant le Congrès ou de le faire par écrit...

P.B.

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Donald Trump lors du discours sur l'état de l'Union, le 30 janvier 2018.
Donald Trump lors du discours sur l'état de l'Union, le 30 janvier 2018. — WIN MCNAMEE/NEWSCOM/SIPA

La tension autour du shutdown est montée d’un cran. Sous le couvert d’une suggestion, Nancy Pelosi a désinvité Donald Trump du discours sur l’état de l’Union, prévu pour le 29 janvier, à moins que la crise budgétaire qui paralyse une partie de l’administration américaine ne soit résolue d’ici là. Elle suggère au président de reporter le discours à une date ultérieure ou de le faire par écrit, comme c’était la tradition au XIXe siècle.

« Compte tenu des inquiétudes sur la sécurité, et à moins que le gouvernement rouvre cette semaine, je vous propose que nous trouvions une nouvelle date après la réouverture du gouvernement, ou vous pouvez également faire votre discours par écrit », suggère Nancy Pelosi. Le ton est poli et conciliant mais techniquement, c’est bien la Speaker de la Chambre qui a le pouvoir d’inviter un président à tenir ce discours annuel devant le Congrès. Ou, ici, de le désinviter.

Paralysie du Secret service

Le discours sur l’état de l’Union est un événement sous haute sécurité, alors que le président, le vice-président, le gouvernement américain, le Congrès et, souvent, les juges de la Cour suprême sont tous réunis au Capitole. Chaque année, un membre du gouvernement est d’ailleurs choisi et passe la soirée dans un bunker : c’est le « designated survivor », qui se tient prêt à assumer les fonctions de commandant en chef si une catastrophe décimait le gouvernement, comme Kiefer Sutherland dans la série de ABC.

Mais au 26e jour du « shutdown », le Secret service, chargé d’assurer la sécurité des élus américains, et le département à la Sécurité intérieure tournent au ralenti, avec des employés fédéraux placés en congés sans solde ou qui travaillent sans être payés. Du coup, Nancy Pelosi estime ne pas pouvoir garantir une sécurité adéquate. On attend la réponse de Donald Trump, pourrait être amené à devoir choisir entre son mur à la frontière et son grand moment télévisé. A moins qu’il ne décide de s’adresser directement aux Américains comme il l’a fait début janvier.