Syrie: Quatre Américains tués dans un attentat revendiqué par Daesh

TERRORISME Au total, 16 personnes dont neuf civils ont péri dans une attaque suicide, mercredi...  

20 Minutes avec AFP

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Des soldats américains patrouillent à Minbej, en Syrie, le 16 janvier 2019, après un attentat revendiqué par Daesh.
Des soldats américains patrouillent à Minbej, en Syrie, le 16 janvier 2019, après un attentat revendiqué par Daesh. — AFP / ANHA

Seize personnes dont des soldats américains ont été tués mercredi dans un attentat suicide revendiqué par Daesh à Minbej, dans le nord de la Syrie, l’attaque la plus meurtrière contre les forces américaines de la coalition internationale depuis 2014 dans ce pays.

« Deux militaires, un employé civil du ministère de la Défense et un employé d’un sous-traitant du Pentagone ont été tués, et trois autres militaires ont été blessés lors d’une interaction locale à Minbej, en Syrie, le 16 janvier », a indiqué le commandement central de l’armée américaine (Centcom) dans un communiqué. « Nous resterons dans la région et nous poursuivrons la lutte pour assurer que le groupe Etat islamique ne montre plus sa face immonde », a déclaré le vice-président américain Mike Pence, en confirmant toutefois le désengagement annoncé des troupes américaines en Syrie.

Le porte-parole de la coalition internationale antidjihadistes emmenée par les Etats-Unis a reconnu sur son compte Twitter la mort de militaires américains, tués dans « une explosion alors qu’ils menaient une patrouille de routine ». Il n’a pas précisé leur nombre. Mais l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie, a affirmé que deux soldats américains avaient péri ainsi que 14 autres personnes dans l’attentat près d’un restaurant du centre-ville de Minbej, dans le nord du pays en guerre. Parmi les 14 morts figurent neuf civils et cinq combattants d’une force arabo-kurde qui accompagnaient la patrouille américaine, a affirmé l’ONG.

Revendication de Daesh

Une vidéo filmée par une agence kurde locale sur les lieux du drame montre une façade noircie et complètement éventrée, le sol couvert de gravats avec du sang sur le mur. Après l’attaque, des blindés arborant le drapeau américain étaient visibles dans les rues de Minbej, tandis que des soldats armés montaient la garde, a constaté un collaborateur de l’AFP.

Le groupe djihadiste a revendiqué, dans un communiqué sur l’application Telegram, l’attentat mené par « le frère kamikaze Abou Yassine al-Chami », qui a fait détoner sa veste d’explosifs au milieu d’une « patrouille comprenant des membres de la coalition croisée ». En 2016, les FDS, soutenus par la coalition internationale, ont chassé Daesh de Minbej. En 2017, le Pentagone a affirmé que des militaires américains avaient été déployés dans le secteur de Minbej.

Retrait américain maintenu

Malgré les défaites infligées à Daesh, qui a vu les territoires sous son contrôle se réduire comme peau de chagrin, le groupe djihadiste parvient encore à mener des attentats meurtriers. Dirigée par les Etats-Unis, la coalition intervient en Syrie contre Daesh depuis 2014, en soutien surtout à l’alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS).

L’attaque intervient après l’annonce en décembre d’un retrait prochain des troupes américaines de Syrie. Le président Donald Trump avait justifié ce désengagement en assurant que Daesh avait été vaincu. L’organisation terroriste est aujourd’hui acculée dans un réduit dans la ville orientale de Deir Ezzor, où il est la cible d’une offensive des FDS. Les djihadistes ont également trouvé refuge dans le désert syrien.