Allemagne: Un député condamné pour avoir traité le fils de Boris Becker de «petit demi-nègre»

RACISME Jens Maier, 56 ans, a été condamné à verser 15.000 euros de dommages et intérêts à Noah Becker pour des insultes à caractère raciste…

20 Minutes avec agences

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Noah Becker, fils de l'ancien tennisman Boris Becker.
Noah Becker, fils de l'ancien tennisman Boris Becker. — Picture/compb/Shutterst/SIPA

Un député d’extrême droite allemand a été condamné, ce mardi 15 janvier, pour avoir posté sur Twitter un message à caractère raciste visant Noah Becker. Jens Maier, l’élu mis en cause, devra payer 15.000 euros de dommages-intérêts au fils de l’ancienne star du tennis Boris Becker, a indiqué l’avocat de ce dernier au magazine Der Spiegel.

Dans son message posté en décembre 2017, l’ancien magistrat devenu député de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), avait qualifié Noah Becker, dont le grand-père maternel est noir américain, de « petit demi-nègre » en mal « d’attention ».

Il entendait ainsi répondre à une interview dans laquelle Noah Becker, âgé de 24 ans, estimait que Berlin était une « ville blanche », comparée à Londres ou Paris. Le fils de Boris Becker avait aussi affirmé avoir déjà été attaqué dans la capitale allemande en raison de sa couleur de peau.

Il avait déjà exprimé de la sympathie pour Anders Breivik

Jens Maier avait nié être l’auteur de ce tweet, posté selon lui par un collaborateur qui a d’ailleurs confirmé être le véritable auteur du message. Mais le tribunal n’a pas retenu cette ligne de défense. « Je suis particulièrement heureux que l’accusé n’ait pas réussi à faire valoir qu’il n’a pas lui-même écrit le tweet », s’est félicité Christian-Oliver Moser, l’avocat du plaignant.

Jens Maier avait déjà fait scandale par le passé pour avoir exprimé de la sympathie envers le néo-nazi Anders Behring Breivik, qui avait tué 77 personnes en 2011 en Norvège, estimant qu’il avait agi « par désespoir » face au multiculturalisme.

L’AfD pourrait être placé « sous surveillance »

Mardi, les services de renseignement allemands ont annoncé qu’ils envisageaient un placement « sous surveillance » de l’AfD. Seuls les mouvements ultra-radicaux, et considérés comme un danger pour la sécurité et l’Etat, font l’objet d’une telle mesure en Allemagne.

L’AfD est depuis septembre 2017 le principal parti d’opposition national en Allemagne à la chambre des députés, face au gouvernement de la chancelière Angela Merkel constitué des conservateurs et des sociaux-démocrates.