Brexit: Le Royaume-Uni fébrile avant un vote déterminant pour son avenir

VOTE Les députés doivent voter pour approuver ou rejeter l’accord sur le Brexit, conclu de longue lutte entre Theresa May et l’Union européenne…

20 Minutes avec AFP

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Un supporter anti-Brexit à Londres, le 14 janvier 2019.
Un supporter anti-Brexit à Londres, le 14 janvier 2019. — AFP

Ce vote devrait marquer l’histoire du Royaume-Uni. Alors que les députés semblent se diriger vers un rejet de l’accord de divorce avec l’Union européenne ce mardi en début de soirée, une certaine fébrilité semble s’emparer des milieux politiques et financiers. A presque deux mois de la date du Brexit, l’avenir n’a jamais été aussi trouble pour les Britanniques.

« A quoi jouez-vous ? Vous n’êtes pas des enfants, vous êtes des législateurs ! », a lancé aux députés le ministre chargé de conseiller juridiquement le gouvernement, Geoffrey Cox, en ouvrant les débats. Il a mis en garde les députés contre les dangers d’un divorce sans accord. Les débats sont toujours en cours et le vote est attendu vers 20 heures, après l’examen de quatre amendements qui demandent des modifications de l’accord.

Des conséquences « catastrophiques »

Nul ne s’attend à ce que les députés adoptent le texte et l’inconnue est plutôt l’ampleur de la marge avec laquelle Theresa May va perdre ce vote, qui influera sur la suite. Démission de la Première ministre, report du Brexit voire pas de Brexit du tout… Tous les scénarios restaient possibles.

Le Royaume-Uni doit en principe quitter l’UE le 29 mars. En cas de « retrait ordonné », prévu par l’accord, Londres et Bruxelles commenceraient à discuter de leur future relation commerciale, qui entrerait en vigueur après une période de transition jusqu’à fin 2020. La tension était palpable dans les milieux financiers, prêts à faire face à une forte volatilité des actifs britanniques, livre sterling en tête. La puissante association des constructeurs et des vendeurs automobiles (SMMT) a, elle, mis en garde contre « les conséquences catastrophiques » d’une sortie sans accord. La fébrilité régnait également autour du Parlement de Westminster, où se sont rassemblés militants pro et anti-Brexit, drapeaux du Royaume-Uni ou de l’UE à la main.

L’avenir politique de Theresa May suspendu à ce vote

Les partisans d’un second référendum mettaient en scène une Theresa May en carton-pâte à la proue d’un bateau « HMS Brexit » en train de foncer sur un iceberg, tel le Titanic. Initialement prévu en décembre, le vote avait été reporté à la dernière minute par la Première ministre pour éviter une défaite annoncée et tenter d’obtenir des « assurances » supplémentaires des dirigeants européens.

Pour l’opposition travailliste comme pour les libéraux-démocrates (europhiles) et les nationalistes écossais du SNP, « rien n’a changé ». Le chef du Labour Jeremy Corbyn compte déposer une motion de censure pour déclencher des élections législatives anticipées en cas d’échec du texte au Parlement. Nombre de députés conservateurs restent également opposés à l’accord.

Theresa May, dont l’avenir est suspendu à ce vote, doit s’exprimer une fois connu le choix des députés. « La Première ministre est déterminée à mettre en œuvre le vote des Britanniques en faveur d’un départ de l’UE », a déclaré un porte-parole de Downing Street, excluant l’idée d’une démission. Theresa May aura trois jours après le rejet du vote pour présenter son « plan B ». Plusieurs possibilités s’offrent à elle :  s’engager à revenir négocier à Bruxelles, ou encore demander un report de la date du Brexit.