VIDEO. Arrestation de Cesare Battisti: «Contre-révolutionnaire» ou stratégique... Son expulsion divise en Bolivie

EXTRADITION Cesare Battisti, a été incarcéré lundi dans une prison de Sardaigne pour purger une peine de réclusion à perpétuité, après des décennies de cavale…

20 Minutes avec AFP

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Cesare Battisti à son arrivée à l'aéroport de Rome, le 14 janvier 2018.
Cesare Battisti à son arrivée à l'aéroport de Rome, le 14 janvier 2018. — Alberto PIZZOLI / AFP

Après la décision du président socialiste bolivien, Evo Morales, d’expulser l’ex-militant d’extrême gauche, Cesare Battisti, vers l’Italie, son camp a dénoncé un acte « contre-révolutionnaire » tandis que l’opposition a salué ce choix.

Cesare Battisti, 64 ans, condamné à perpétuité en Italie pour quatre meurtres, a été arrêté samedi soir, à Santa Cruz, dans l’est de la Bolivie. Moins de vingt-quatre heures après, il était remis aux autorités italiennes et embarqué à bord d’un avion dépêché par Rome en direction de l’Italie. En cavale depuis près de 40 ans, il a été incarcéré, ce lundi, dans la prison d’Oristano, en Sardaigne, un centre pénitentiaire de haute sécurité.

« Nous avons livré un prisonnier qui avait demandé l’asile, comme une simple marchandise »

Une telle célérité a suscité de vives critiques dans le camp du président bolivien. Raul Garcia Linera, le frère du vice-président Alvaro Garcia Linera, a qualifié de « contre-révolutionnaire » la décision d’expulser l’Italien, un choix « injuste, lâche et réactionnaire ». « Les intérêts de l’Etat se sont placés au-dessus de la morale révolutionnaire, de la praxis révolutionnaire. Nous avons livré un prisonnier qui avait demandé l’asile, comme une simple marchandise, un acte contraire aux règles », a-t-il déclaré.

L’ex-ministre de l’Intérieur, Hugo Moldiz, a estimé que les droits de Cesare Battisti n’avaient pas été respectés et que le « coût politique pour le gouvernement bolivien serait élevé ». « C’est comme si on avait attrapé (Ernesto) Che Guevara et qu’on l’avait livré à la droite », s’est indigné de son côté Rolando Cuellar, chef des jeunesses du parti du président Morales, le Mouvement vers le socialisme (MAS), qui a qualifié le ministre de l’Intérieur, Carlos Romero, de « Judas ». « Je dis sans haine, mais avec fermeté que la Bolivie ne peut être un refuge pour les assassins et les terroristes », a, de son côté, salué le chef de l’opposition, Samuel Doria Medina.

Considéré comme « terroriste » par Rome

Cesare Battisti avait été condamné une première fois au tournant des années 1980 à 13 ans de prison pour appartenance aux PAC, un groupuscule d’extrême gauche particulièrement actif à la fin des années 1970 et considéré comme « terroriste » par Rome. Evadé en 1981, il a été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité pour homicide ou complicité dans les quatre meurtres.

Après avoir passé près de 15 ans en France - le président de l’époque François Mitterrand ayant promis de ne pas extrader les anciens militants ayant renoncé à la lutte armée - il avait refait sa vie depuis 2004 au Brésil​, où il a un fils mineur de mère brésilienne. Le 13 décembre, un juge de la Cour suprême du Brésil avait ordonné son arrestation. L’acte d’extradition avait été signé le lendemain par le président conservateur Michel Temer. Il avait alors fui en Bolivie, où il avait déposé une demande d’asile politique. Il a finalement été repéré à Santa Cruz, où les polices bolivienne et italienne ont préparé son arrestation.