VIDEO. Affaire Carlos Ghosn: Sa demande de libération sous caution rejetée par le tribunal

JAPON Selon la chaîne de télévision publique, NHK, le tribunal a estimé qu’il y avait un risque de destruction de preuves…

20 Minutes avec AFP

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C'est le juge Yuichi Tada qui préside l'audience pour la première apparition de Carlos Ghosn devant le tribunal, le 8 janvier 2019.
C'est le juge Yuichi Tada qui préside l'audience pour la première apparition de Carlos Ghosn devant le tribunal, le 8 janvier 2019. — Pool/Sipa

Nouvel échec pour les avocats de Carlos Ghosn. Le tribunal de Tokyo a rejeté, ce mardi, la demande de libération sous caution du PDG de Renault, détenu au Japon pour des malversations financières présumées.

Selon la chaîne de télévision publique, NHK, le tribunal a estimé qu’il y avait un risque de destruction de preuves. Arrêté le 19 novembre dernier à Tokyo, le dirigeant de 64 ans a fait l’objet, vendredi, de deux nouvelles inculpations, pour abus de confiance et pour avoir minoré ses revenus dans des rapports boursiers de Nissan entre 2015 et 2018.

Carlos Ghosn pourrait rester en détention au mois jusqu’au 10 mars

L’avocat devrait faire appel de ce refus de remise en liberté, selon la NHK, mais si la décision de le maintenir en prison est confirmée par un deuxième juge, Carlos Ghosn restera en détention provisoire au moins jusqu’au 10 mars. Cette mesure pourra être étendue sur demande du procureur par période reconductible d’un mois.

Vendredi, le tribunal a cependant autorisé les visites de sa famille, en plus de celles de ses avocats et du personnel consulaire de la France, du Liban et du Brésil, les trois pays dont il est citoyen. Carlos Ghosn a comparu la semaine dernière pour la première fois devant la justice : amaigri et menotté jusqu’à l’entrée dans la salle d’audience, il s’était dit « faussement accusé », démentant les allégations point par point.

« J’exhorte Human Rights Watch à mettre son cas en lumière »

Au cours de cette séance exceptionnelle, le juge avait déjà justifié son emprisonnement prolongé par un risque de fuite et d’altération des preuves. Le procès de Carlos Ghosn, qui risque en théorie jusqu’à 15 ans de prison, n’aura pas lieu avant des mois. Dans une lettre adressée à l'ONG Human Rights Watch, sa femme, Carole Ghosn​ s’est plaint des « rudes » conditions de détention du magnat de l’automobile, même s’il a été transféré il y a plusieurs semaines dans une cellule plus spacieuse, selon son avocat Motonari Otsuru.

« J’exhorte Human Rights Watch à mettre son cas en lumière (…), à pousser le gouvernement à réformer son système draconien de détention et d’interrogatoire », écrit-elle. Le procureur-adjoint, Shin Kukimoto, a déclaré vendredi qu’il « s’attendait » à ce type de réactions « étant donné qu’il s’agit d’une enquête portant sur une personne mondialement connue ».