Brexit: Theresa May ne veut pas décaler la date de sortie de l'Union européenne

EUROPE Le Brexit, dont la date est fixée au 29 mars prochain, doit être validé par les députés britanniques lors d’un vote décisif prévu mardi…

L.Br. avec AFP

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Theresa May, le 14 janvier 2019 à Londres.
Theresa May, le 14 janvier 2019 à Londres. — Peter MacDiarmid/REX//SIPA

Malgré les doutes qui se font entendre de toutes parts en Europe, Theresa May a affirmé vouloir conserver la date du Brexit, fixée au 29 mars 2019. La Première ministre britannique n’a toutefois par exclu un report de la sortie de l’Union européenne. Elle s’exprimait ce lundi devant les députés britanniques, qui doivent voter sur un accord de divorce avec l’Union européenne très décrié.

« Je ne crois pas que la date du 29 mars doit être retardée », a déclaré Theresa May. « Cela reste l’engagement de mon gouvernement de quitter l’Union européenne le 29 mars », mais « certains ont l’intention de trouver un moyen de l’empêcher », a-t-elle ajouté. Avant le vote crucial de mardi à la chambre des Communes, les dirigeants de l’Union européenne ont donné un coup de pouce à la Première ministre, lancée dans une course contre la montre pour tenter de convaincre les députés britanniques.

Un coup de pouce à Theresa May

Le gouvernement a publié dans la matinée une lettre signée par le président du Conseil européen Donald Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Ce courrier est censé apporter de nouvelles assurances notamment sur l’une des dispositions les plus controversées de l’accord : le « backstop » irlandais.

Cette option de dernier recours est décriée par les pro-Brexit. Elle permet d’éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande et le Royaume-Uni si aucune solution alternative n’était trouvée à l’issue d’une période de transition, en maintenant le Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE. « La Commission peut confirmer que, tout comme le Royaume-Uni, l’Union européenne ne souhaite pas que » cette disposition « entre en vigueur », assure la lettre, dont les clarifications ont « valeur légale ».

Des élections européennes sans le Royaume-Uni

Cette lettre est déjà critiquée par les députés, dont certains soutiens de Theresa May, indispensables au vote de l’accord. Un rejet du texte conclu avec l’UE aurait des conséquences imprévisibles. « Dans le cas où il n’y aurait pas d’accord, il existe la possibilité de continuer à en chercher un, il est possible aussi de prolonger les délais, de continuer à discuter », a toutefois souligné le chef de la diplomatie espagnole, Josep Borrell. « La vraie "deadline" est les élections européennes car elles ont été planifiées sans représentation britannique, en partant du principe que quand elles auraient lieu, le Royaume-Uni ne serait plus là », a-t-il ajouté.

En cas de rejet de l’accord, « ce sera à Londres de formuler des demandes et propositions » à l’Union européenne, a indiqué de son côté la présidence française. Si le texte est effectivement recalé, le Royaume-Uni risque de quitter l’Union européenne sans accord le 29 mars, un scénario redouté par les milieux économiques. Autre scénario redouté par Theresa May : le Royaume-Uni pourrait alors ne pas quitter du tout le bloc européen.