Pologne: Le maire de Gdansk est décédé après avoir reçu plusieurs coups de couteau

HOMMAGE Le maire libéral de la ville de Gdansk a été attaqué par un homme de 27 ans alors qu'il participait à un événement caritatif...

20 Minutes avec AFP

— 

Pawel Adamowicz, le 31 août 2017 à Gdansk.
Pawel Adamowicz, le 31 août 2017 à Gdansk. — B Zawrzel/REPORTER/ENPOL/SIPA

Le maire de Gdansk, en Pologne, a succombé à ses blessures. Pawel Adamowicz, homme politique libéral et populaire, a reçu plusieurs coups de couteau dimanche soir lors d’un événement caritatif. Sa mort, annoncée ce lundi par le ministre de la Santé, Lukasz Szumowski, a provoqué une onde de choc dans le pays, et de nombreux hommages lui ont été rendus.

« Le maire est décédé il n’y a pas longtemps. On n’a pas réussi à gagner contre tout ce qui l’a frappé. Que le Seigneur lui accorde le repos éternel », a déclaré Lukasz Szumowski, à la sortie de l’hôpital universitaire où la victime était soignée. « Pawel Adamowicz, maire de Gdansk, homme de Solidarité et de liberté, un Européen, mon bon ami, a été assassiné. Qu’il repose en paix », a tweeté Donald Tusk, président du Conseil européen et ancien Premier ministre libéral polonais, né à Gdansk.

Quinze litres de sang

Le président polonais, Andrzej Duda, le Premier ministre, Mateusz Morawiecki, et la quasi-totalité des responsables politiques du pays, au pouvoir et dans l’opposition, ainsi que plusieurs hauts responsables européens, ont exprimé leur solidarité. Personnalité libérale très populaire, maire de Gdansk depuis 1998, Pawel Adamowicz a été frappé de plusieurs coups de couteau par un agresseur de 27 ans. L’homme est sorti de prison il y a quelques semaines, après avoir purgé plus de cinq ans de détention pour des attaques à main armée contre des banques.

Le maire a subi une grave blessure au cœur et d’autres blessures au diaphragme et aux organes dans la cavité abdominale, selon les médecins. Il a été transfusé avec environ quinze litres de sang, selon un responsable d’un centre de transfusion sanguine. Opéré pendant la nuit durant cinq heures, Pawel Adamowicz n’arrivait plus à respirer tout seul et était resté branché sur des appareils de soutien de la vie.

Santé psychique dégradée

Le maire, âgé de 53 ans, avait perdu une « quantité énorme » de sang, ce qui a provoqué une hypoxie (diminution du taux d’oxygène dans le sang), avait indiqué quelques heures plus tôt le chef des services de santé de la région, le Dr Jerzy Karpinski. Le manque d’oxygène dans tout l’organisme cause d’importants dommages à tous les tissus, a-t-il expliqué.

Avant d’être interpellé, l’agresseur a affirmé avoir été jeté en prison, alors qu’il était innocent, et « torturé » par la PO, soutien de la candidature d’Adamowicz aux municipales de l’automne dernier. « C’est pourquoi Adamowicz meurt », a-t-il lancé. Mais, d’après les premiers renseignements, ses motivations semblent plus personnelles que politiques. Lors de son séjour en prison, sa santé psychique se serait fortement dégradée, selon les médias. Il était entendu lundi par le parquet de Gdansk, qui devait très probablement le mettre en examen pour meurtre.