Chine: Un Canadien condamné à mort pour trafic de drogue

PEINE CAPITALE Robert Lloyd Schellenberg, 36 ans, peut encore faire appel de cette peine...

20 Minutes avec AFP

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Un drapeau chinois flotte à Pékin.
Un drapeau chinois flotte à Pékin. — STR / AFP

Les relations entre la Chine et le Canada, déjà tendues, ne devraient pas s’améliorer après cette décision de justice. Ce lundi, un Canadien de 36 ans a été condamné à la peine de mort par la justice chinoise à l’issue d’un deuxième procès pour trafic de drogue. En première instance, Robert Lloyd Schellenberg avait été condamné à 15 ans de prison. Un verdict jugé fin décembre trop « indulgent » par la justice chinoise.

Robert Lloyd Schellenberg a clamé son innocence toute la journée devant un tribunal de la ville de Dalian, en vain. « Le tribunal rejette totalement les explications et la défense de l’accusé, car elles vont à l’encontre des faits », a indiqué le juge en prononçant le verdict dans une salle d’audience comble, où des diplomates canadiens et trois journalistes étrangers étaient présents.

De la drogue cachée dans des pneus

Robert Lloyd Schellenberg a acquiescé lorsque le juge lui a demandé s’il avait compris le verdict. Il peut désormais faire appel de la peine. Condamné en première instance en novembre à 15 ans de prison et 150.000 yuans (19.000 euros) d’amende, il avait fait appel. Mais la démarche s’était retournée contre lui, la Haute cour de la province du Liaoning (nord-est) jugeant le verdict trop « indulgent » au vu de la gravité des faits.

Les procureurs chinois lui reprochaient de faire partie d’un gang qui prévoyait d’envoyer 222 kg de méthamphétamine en Australie, dissimulés dans des pastilles de plastique cachées dans des pneus. Le tribunal a jugé que Robert Lloyd Schellenberg, interpellé en décembre 2014, avait joué un « rôle clé » dans ce trafic. « Non content de diffuser des drogues dans un pays, l’organisation criminelle s’est étendue au-delà des frontières (…) Cela nuit à la santé humaine et à la stabilité des pays », a martelé le tribunal.

Un tribunal « pas indépendant »

« Je ne suis pas un trafiquant de drogue. Je suis venu en Chine pour faire du tourisme », a-t-il assuré Schellenberg à l’issue de son procès. Ce procès intervient à l’heure où les relations diplomatiques sino-canadiennes sont tendues depuis l’arrestation début décembre par le Canada de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei.

Le ministère canadien des Affaires étrangères avait déclaré suivre l’affaire « de très près » et fournir une assistance consulaire à Robert Lloyd Schellenberg depuis son arrestation. « Il est clair que les tribunaux chinois ne sont pas indépendants » car « ils peuvent être influencés par le Parti communiste chinois » au pouvoir dans le pays, avait déclaré avant l’annonce du verdict William Nee, de l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International.