Syrie: La coalition dirigée par Washington a commencé à retirer ses troupes

DESENGAGEMENT Le 19 décembre dernier, Donald Trump avait annoncé le retrait des 2.000 soldats américains de Syrie, affirmant que l’organisation Etat islamique avait été vaincue…

20 Minutes avec AFP

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Les troupes militaires américaines ont commencé leur retrait de Syrie, le 30 décembre 2018, après l'annonce du président Donald Trump.
Les troupes militaires américaines ont commencé leur retrait de Syrie, le 30 décembre 2018, après l'annonce du président Donald Trump. — Delil SOULEIMAN / AFP

Moins d’un mois après l’annonce surprise par le président américain, Donald Trump, du désengagement de ses soldats en Syrie, la coalition internationale antidjihadiste, dirigée par les Etats-Unis, a commencé à retirer ses troupes de ce pays en guerre, a-t-elle annoncé ce vendredi.

Formée en 2014 à l’initiative de Washington, après la montée en puissance du groupe djihadiste Etat islamique (EI) et sa conquête de vastes territoires en Syrie et en Irak, la coalition regroupe plusieurs pays, dont la France et la Grande-Bretagne. Elle intervient par des raids aériens contre les djihadistes et avec des forces spéciales au sol appuyant des combattants locaux luttant contre l’EI.

Donald Trump estime que Daesh a été vaincu en Syrie

Le 19 décembre, Donald Trump avait justifié son annonce de retrait des 2.000 soldats américains en affirmant que l’EI avait été vaincu, même si le groupe continue de contrôler quelques zones dans l’est de ce pays. La coalition « a commencé le processus de retrait (…) de Syrie », a indiqué, ce vendredi, son porte-parole, le colonel Sean Ryan. « Par souci de sécurité opérationnelle, nous ne discuterons pas des échéances, des lieux ou des mouvements de troupes », a-t-il ajouté.

Jeudi soir, environ « 150 soldats américains se sont retirés de la base militaire de Rmeilan dans la province de Hassaké », dans l’Est syrien, a indiqué de son côté le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. « Il s’agit du premier retrait de ce type des forces américaines depuis l’annonce du président américain », a-t-il ajouté.

L’ombre d’une offensive turque contre les Kurdes

Le début du retrait coïncide avec une tournée au Moyen-Orient du chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, qui a assuré jeudi que le désengagement aura lieu malgré la levée de boucliers de nombreux alliés de Washington. Dimanche, le conseiller pour la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, avait également lié ce retrait à l’obtention de garanties concernant la sécurité des combattants kurdes, qui ont lutté contre les djihadistes aux côtés des Américains.

La principale milice kurde de Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG), épine dorsale sur le terrain de la lutte contre l’EI, est en effet menacée par une possible offensive de la Turquie, pays voisin de la Syrie. Ankara qualifie les YPG de « terroristes » pour leurs liens présumés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui livre une guérilla sur le territoire turc depuis 1984.

Une porte ouverte pour Bachar al-Assad ?

Un départ précipité des Etats-Unis risquerait d’affaiblir les YPG et de renforcer l’EI, estiment les détracteurs de Donald Trump. Certains craignent que ce départ n’ouvre la voie à l’Iran, allié du régime de Bachar al-Assad et ennemi de Washington, pour étendre son influence en Syrie et constituer une menace pour Israël. Après la proclamation d’un « califat » de facto sur de vastes régions qu’il avait conquises en Syrie et en Irak en 2014, l’EI a vu son territoire se réduire face à de multiples offensives dans ces deux pays.

Dans l’Est syrien, les djihadistes sont aujourd’hui acculés dans un bastion visé par une offensive des Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition arabo-kurde dominée par les YPG et appuyée par la coalition. L’EI est également présent dans un secteur du désert syrien qui s’étend du centre du pays à la province orientale de Deir Ezzor. Des affrontements sporadiques opposent les djihadistes aux forces du président syrien Bachar al-Assad.