«Shutdown»: A la frontière, Trump n'exclut pas de passer en force pour construire le mur

ETATS-UNIS Le président américain pourrait utiliser des mesures d'urgences pour obtenir les fonds, mais il provoquerait un bras de fer judiciaire...

P.B. avec AFP

— 

Donald Trump s'est rendu à la frontière avec le Mexique, au Texas, le 10 janvier 2019.
Donald Trump s'est rendu à la frontière avec le Mexique, au Texas, le 10 janvier 2019. — Evan Vucci/AP/SIPA

Pour construire son mur, il est prêt à tout casser. En déplacement à la frontière avec le Mexique, au Texas, jeudi, Donald Trump l’a répété : « Nous pouvons déclarer l’urgence nationale. Nous ne devrions pas avoir à la faire car c’est du bon sens, mais c’est une possibilité. » Et alors que le shutdown s’éternise et pourrait devenir le plus long de l’histoire américaine, ce passage en force pourrait être la seule solution pour sortir de la crise, quitte à provoquer une bataille judiciaire et constitutionnelle.

« Rien de tel qu’un mur »

« Ils ont besoin d’une barrière, ils ont besoin d’un mur. Sans cela, il n’y aura que des problèmes. Et la mort, beaucoup de morts », a lancé Donald Trump, casquette blanche « Make America Great Again » vissée sur le crâne, aux côtes de gardes-frontières texans. « La roue fonctionne, le mur fonctionne. Rien de tel qu’un mur », a-t-il ajouté lors d’une table ronde, évoquant les migrants illégaux qui profitent selon lui des zones « où il est impossible de déterminer si vous êtes au Mexique ou aux Etats-Unis ».

Le locataire de la Maison Blanche réclame 5,7 milliards de dollars pour l’édifice promis avec force lors de sa campagne. Ses adversaires refusent catégoriquement de débloquer des fonds pour un projet qu’ils jugent « immoral », coûteux et inefficace. Jeudi, la chaîne NBC a révélé qu’un des prototypes de barrière en acier pouvait être découpé à la scie.

Combat judiciaire en vue

Invoquer une urgence nationale permettrait à Donald Trump d’obtenir les fonds sur le budget de la Défense. Mais certains experts estiment qu’il ne peut pas le faire sans l’aval du Congrès. On passerait donc d’une crise budgétaire à une crise politico-judiciaire qui pourrait aller jusqu’à la Cour suprême. Avec cinq juges conservateurs sur neuf, le président américain aurait toutefois de bonnes chances de l’emporter.

L’impasse actuelle a des conséquences très concrètes : depuis plus de deux semaines, quelque 800.000 fonctionnaires fédéraux ne sont plus payés. Si un accord n’est trouvé d’ici samedi, ce shutdown deviendra le plus long de l’histoire, alors que le record est jusqu’à présent de 21 jours, sous Bill Clinton, en 1996.