Pakistan: Les «scènes de lit» et «moments intimes» bientôt interdits à la télévision ?

CENSURE L’Autorité régulatrice des médias électroniques considère que ces scènes font du tort à la culture et aux valeurs du pays…

20 Minutes avec agences

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Une télévision et sa télécommande. Illustration.
Une télévision et sa télécommande. Illustration. — Superstock / Superstock / Sipa

Les « scènes de lit » et « moments intimes entre couples » pourraient disparaître des petits écrans au Pakistan. Selon le communiqué de l’Autorité régulatrice des médias électroniques (PEMRA) ce mardi, ces « thèmes audacieux » offenseraient les téléspectateurs.

« Les scènes indécentes/dialogues/relations extraconjugales, la violence, l’habillement inapproprié, les scènes de viol, les caresses, les scènes de lit, l’usage de drogue et d’alcool, les moments intimes entre couples sont rendus glamour » au mépris « absolu » des valeurs pakistanaises, a-t-elle affirmé.

Des séries (trop) progressistes

La tendance répandue à diffuser ces thèmes dans les séries aurait, selon la PEMRA, provoqué de nombreuses plaintes du public. Plusieurs sondages ont montré que les séries télévisées sont très populaires. L’Autorité souhaite qu’elles ne montrent que « l’image de la vraie société pakistanaise ».

De nombreuses séries tournent autour de thèmes comme la violence domestique, les agressions d’enfants ou la misogynie. Leur volonté de faire évoluer les mentalités a été applaudie par la société civile, mais reste vue d’un mauvais œil par le gouvernement. De leur côté, les productions américaines (aussi très populaires) voient leurs scènes de baisers coupées à la diffusion.

Une « image éculée des femmes »

En 2018, une série sur la vie de Qandeel Baloch, star célèbre pour ses selfies et son inhabituelle liberté de ton avant son assassinat en 2016, avait été fortement suivie. D’autres séries traitant de « crimes d’honneur » ou de mariages forcés ont aussi connu des succès d’audimat.

Mais elles ont été la cible de campagnes de dénigrement sur Internet, accusées de promouvoir la vulgarité. De telles séries « dépeignent une image éculée des femmes et se sont limitées à des questions féministes, […] ignorant les enfants, les adolescents et les hommes », rappelle la PEMRA dans son communiqué.