Italie: Le pays chute dans un classement des démocraties avec l’arrivée des populistes au pouvoir

DEMOCRATIE La chute dans ce classement annuel des démocratie est notamment liée à la politique anti-immigration menée par le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini...

20 Minutes avec agences

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Le vice Premier ministre et ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini.
Le vice Premier ministre et ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini. — Remo Casilli/Sintesi/SIPA

Elle recule de douze places. L’Italie, aux mains des populistes anti-système et anti-immigration depuis juin, a plongé dans un classement annuel des démocraties. Le pays est passé de la 21e place l’an dernier à la 33e place du classement 2018 établi par «  The Economist Intelligence Unit » et publié ce mercredi.

Cette chute est en grande partie liée aux mesures portées par la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur. Son parti s’est allié pour former un gouvernement avec le Mouvement Cinq Etoiles (M5S, anti-système) dirigé par Luigi Di Maio, qui est cependant épargné par le rapport.

« Une rhétorique anti-étrangers »

L’Italie souffre d’une « profonde désillusion à l’encontre des institutions politiques, dont le parlement et les partis politiques, qui se répercute à travers un soutien à des hommes forts contournant les institutions politiques », décrivent les experts.

Matteo Salvini a « souvent utilisé une rhétorique anti-étrangers » et a prôné l’évacuation de Roms occupant illégalement des logements, en dépit d’une condamnation de la Cour européenne de justice, indiquent-ils encore.

Fermeture des ports aux navires ayant secouru des migrants

Le pays a notamment été épinglé par la nouvelle Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, la Chilienne Michelle Bachelet, dans son premier discours prononcé en septembre.

Dénonçant en particulier la décision prise par Matteo Salvini de fermer les ports italiens aux navires ayant secouru des migrants, elle avait annoncé qu’une équipe se rendrait en Italie pour évaluer « la forte augmentation signalée des actes de violence et de racisme contre les migrants, les personnes d’origine africaine et les Roms ».

Réduire les libertés des citoyens

« Tout cela contribue au risque de détérioration des libertés civiles », estime le rapport de Economist Intelligence Unit, qui pointe aussi le fait que le gouvernement italien évoque de nouveaux dangers potentiels pour réduire les libertés des citoyens.

Ainsi, un nouveau décret-loi sécurité et immigration, adopté en novembre, abolit les permis de séjour humanitaires jusqu’à présent accordés aux personnes vulnérables, familles ou femmes seules avec enfants.