Allemagne: Un garçon de 20 ans, suspecté d'être à l'origine de la cyberattaque contre des politiques, interpellé

PIRATAGE Il s’agirait d’un lycéen qui a agi seul et qui a reconnu les faits, mais qui n’aurait « pas réalisé toutes les conséquences de son acte »...

20 Minutes avec AFP

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Des voitures de police en Allemagne (image d'illustration).
Des voitures de police en Allemagne (image d'illustration). — Paul Zinken / dpa / AFP

Après la cyberattaque massive en Allemagne ciblant des centaines de responsables politiques et de personnalités, dont Angela Merkel, qui a créé un choc dans le pays, la police allemande a annoncé, ce mardi, l’interpellation d’un homme de 20 ans.

L’arrestation du jeune homme, à son domicile dans la région de Francfort, la Hesse, est intervenue dimanche après une perquisition dans son appartement, a précisé dans un communiqué la police. Selon le site de l’hebdomadaire Der Spiegel, il s’agit d’un lycéen qui a agi seul et reconnu les faits. Il vit chez ses parents et n’aurait « pas réalisé toutes les conséquences de son acte », affirme le site en citant un enquêteur.

Un millier de victimes

Les autorités allemandes avaient dévoilé vendredi la publication via un compte Twitter @_0rbit, bloqué depuis, de données personnelles ou professionnelles d’environ un millier de responsables politiques, dont la chancelière Angela Merkel et plusieurs de ses ministres.

Des journalistes et des personnalités du monde du spectacle figuraient aussi au tableau de chasse du « hacker » présumé. Il avait jour après jour diffusé leurs données en décembre, à la manière d’un calendrier de l’Avent dont il fallait ouvrir une porte pour accéder à l’information. Les données dérobées se trouvaient dans des comptes sur les médias sociaux ou stockées dans le « cloud ».

Une alerte lancée par l’ex-président du Parlement européen, Martin Schulz

Aucune information hypersensible n’a toutefois fuité à cette occasion. Ont été divulgués principalement des contacts, adresses, conversations sur Internet, documents d’identité et administratifs ou lettres. Dans certains cas, des photos, adresses privées ou numéros de téléphones portables ont été diffusés comme notamment ceux de la présidente du parti social-démocrate Andrea Nahles qui s’était déclarée « très affectée et blessée ».

C’est son prédécesseur, l’ex-président du Parlement européen Martin Schulz, qui avait mis la puce à l’oreille des autorités dans cette affaire. Il avait contacté la semaine dernière la police après avoir été contacté sur son portable par plusieurs inconnus. Concernant Angela Merkel la publication a concerné des adresses e-mails, déjà semi-publiques, et des liens renvoyant à des lettres lui ayant été adressées.

Une « attaque contre la démocratie »

Il n’empêche, l’affaire s’est avérée embarrassante pour le gouvernement allemand, accusé d’incurie dans la lutte contre la cybercriminalité. D’autant que les autorités étaient au courant depuis décembre qu’un piratage était en cours mais n’en ont pas immédiatement averti les responsables politiques et personnalités concernées.

La ministre de la Justice, la social-démocrate Katarina Barley, a qualifié ce vol de données « d’attaque contre notre démocratie et ses institutions ». Et elle s’en est pris aux fournisseurs de plateformes internet et aux médias sociaux, leur demandant « de bloquer immédiatement tout compte diffusant des données piratées », dans un entretien au quotidien régional Rheinische Post.