Chine: L'ONU est la bienvenue au Xinjiang, mais sous conditions, prévient Pékin

DETENTION Près un million de musulmans seraient détenus dans des centres de rééducation politique, selon des accusations d’experts et d’organisations de défense des droits de l’homme…

20 Minutes avec AFP

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Le village de Miao dans la région autonome de Xinjiang en Chine.
Le village de Miao dans la région autonome de Xinjiang en Chine. — CHINE NOUVELLE/SIPA

« Le Xinjiang est une région ouverte, toutes les parties sont les bienvenues ». Les observateurs des Nations unies peuvent se rendre au Xinjiang, a assuré Pékin, la région à majorité musulmane du nord-ouest de la Chine, ce lundi, réclame à l’organisation internationale de ne pas prendre parti.

Le mois dernier, Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a pressé le gouvernement chinois de donner accès à ses services au Xinjiang, où jusqu’à un million de musulmans seraient détenus dans des centres de rééducation politique, selon des accusations d’experts et d’organisations de défense des droits de l’homme, démenties par Pékin.

« Ils devront rester objectifs, équitables et sans parti pris »

« Le Xinjiang est une région ouverte, toutes les parties sont les bienvenues, y compris des fonctionnaires de l’ONU, pourvu qu’elles respectent les lois et règlements chinois », a déclaré un porte-parole de la diplomatie chinoise, Lu Kang. Ces visiteurs devront toutefois « s’abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures de la Chine et d’empiéter sur notre souveraineté », a ajouté Lu Kang.

« Ils devront rester objectifs, équitables et sans parti pris », a souligné le porte-parole. « Nous sommes prêts à maintenir les contacts avec l’ONU afin de parvenir à un compromis ». Au nom de la lutte contre le « séparatisme » et le « terrorisme » islamiste, Pékin a engagé ces dernières années une reprise en mains drastique du Xinjiang, région marquée par des attentats et des tensions interethniques.

Des « centres de formation professionnelle » pour lutter contre la « radicalisation » des Ouïghours

Le régime communiste affirme avoir mis en place des « centres de formation professionnelle » pour lutter contre la « radicalisation » des Ouïghours, la principale ethnie, musulmane et turcophone, de la région.

En septembre, devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, Michelle Bachelet avait évoqué les « allégations profondément inquiétantes de détentions arbitraires à grande échelle de Ouïghours et d’autres communautés musulmanes, dans des camps de rééducation dans la région du Xinjiang » et demandé à Pékin de donner accès à toutes les régions du pays. En réponse, le gouvernement chinois avait invité Michelle Bachelet à exercer ses fonctions « de façon juste et équitable au lieu de n’écouter qu’une des parties en présence ».