VIDEO. Affaire Carlos Ghosn: Au tribunal, le PDG de Renault se dit «faussement accusé et détenu de manière injuste»

JUSTICE C'est la première apparition du patron de Renault-Nissan, près de deux mois après son arrestation pour des malversations financières présumées...

20 Minutes avec AFP

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C'est le juge Yuichi Tada qui préside l'audience pour la première apparition de Carlos Ghosn devant le tribunal, le 8 janvier 2019.
C'est le juge Yuichi Tada qui préside l'audience pour la première apparition de Carlos Ghosn devant le tribunal, le 8 janvier 2019. — Pool/Sipa

Vêtu d’un costume sombre, il a semblé amaigri. Il est arrivé menotté, une corde nouée autour de la taille. Pour sa première apparition au tribunal depuis son arrestation pour des malversations financières présumées, Carlos Ghosn s’est dit « faussement accusé et détenu de manière injuste ». Et le patron de l’alliance Renault-Nissan a assuré qu’il avait agi « avec l’approbation des dirigeants » du groupe. Le juge a justifié de son côté son maintien en détention par un risque de fuite.

Carlos Ghosn a été mis en examen le 10 décembre pour dissimulation aux autorités boursières d’une partie de ses revenus perçus chez Nissan : environ 5 milliards de yens (38 millions d’euros) sur cinq années, de 2010 à 2015. A l’issue de cette première garde à vue, il a fait l’objet d’un nouveau mandat d’arrêt pour une minoration similaire d’émoluments, mais cette fois entre 2015 et 2018, puis d’un troisième, pour abus de confiance. Il est notamment accusé d’avoir effectué des virements d’un compte de Nissan au bénéfice d’un ami saoudien. Lui-même nie toute malversation.

Le système judiciaire japonais implacable

Dès les premières heures de la matinée, une longue queue s’était formée devant le tribunal. Plus d’un millier de personnes ont patienté dans le froid pour tenter de décrocher une des rares places : seulement 14 tickets ont été alloués par tirage au sort à des membres du public, pour assister à la comparution du célèbre accusé.

L’ambassadeur de France au Japon, Laurent Pic, devait être présent « dans le cadre de la protection consulaire », selon un porte-parole de l’ambassade. Tout comme celui du Liban et le consul du Brésil, d’après la chaîne de télévision publique NHK. La procédure est rare, seuls 0,6 % des détenus ont fait une telle requête l’an dernier. Elle n’a quasiment aucune chance de changer le cours des choses mais la portée symbolique est forte pour Carlos Ghosn, qui a là une occasion de rompre le silence médiatique dans lequel il est muré depuis plusieurs semaines.