VIDEO. Présidentielle américaine: Biden, Sanders, Warren, Beto... Ces démocrates favoris pour 2020

ETATS-UNIS Le marathon de la primaire a déjà commencé et une douzaine de candidats potentiels rêvent de détrôner Donald Trump...

Philippe Berry

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Les démocrates Joe Biden, Bernie Sanders, Elizabeth Warren, Kamala Harris, Cory Booker, Amy Klobuchar, Beto O'Rourke et Julian Castro rêvent de défier Donald Trump en 2020.
Les démocrates Joe Biden, Bernie Sanders, Elizabeth Warren, Kamala Harris, Cory Booker, Amy Klobuchar, Beto O'Rourke et Julian Castro rêvent de défier Donald Trump en 2020. — Photos Sipa / montage 20 Minutes

Ils y pensent un peu, beaucoup ou énormément. La vulnérabilité de Donald Trump, menacé par l’enquête sur la Russie et son impopularité, aiguise les appétits des élus démocrates pour 2020. Alors que certains se sont déjà déclarés, comme Elizabeth Warren et que d’autres y réfléchissent, comme Joe Biden ou Bernie Sanders, la bataille fratricide de la primaire démocrate s’annonce sanglante.

Attention, les sondages ne veulent pas dire grand-chose à ce stade – Jeb Bush, grand favori en 2015, peut en témoigner.

Les poids lourds

Joe Biden (76 ans, ancien vice-président)

Joe Biden, c’est plus qu’une bromance avec Barack Obama. L’ancien vice-président a passé près de 40 ans au Sénat. Avec un CV blindé et une cote de popularité qui dépasse les 80 % dans l’électorat démocrate, il fait pour l’instant la course en tête, à 30 % des intentions de vote, selon un sondage de CNN réalisé début décembre. Son principal point faible : être un homme blanc et âgé, alors que face à Trump, les démocrates sont portés par les femmes, les minorités et les jeunes.

Bernie Sanders (77 ans, sénateur du Vermont)

Peut-il rallumer le feu ? Celui qui a prouvé en 2016 que « socialiste » n’était pas forcément un gros mot aux Etats-Unis n’a jamais digéré sa défaite face à Hillary Clinton et les petites combines du parti démocrate pour la favoriser. Comme Biden, ce n’est pas vraiment un perdreau de l’année, et à l’heure du mouvement #MeToo, plusieurs femmes l’accusent d’avoir fermé les yeux sur des cas de sexisme et de harcèlement au sein de sa campagne.

Elizabeth Warren (69 ans, sénatrice du Massachusetts)

Coincée entre Clinton et Sanders en 2016, cette ancienne juriste qui plaide pour un capitalisme plus humain avait renoncé à être candidate. Du coup, Elizabeth Warren place ses pions très tôt et a déjà formé un comité exploratoire. Jouissant d’une notoriété nationale, elle a – outre la polémique sur ses origines amérindiennes très lointaines – un problème majeur : une personnalité clivante et des convictions très à gauche qui pourraient l’handicaper après la primaire.

Les challengers

Kamala Harris (54 ans, sénatrice de Californie)

Doucement mais sûrement, Kamala Harris gravit les échelons du pouvoir. Ancienne procureure de San Francisco puis ministre de la Justice de la Californie, elle ne siège que depuis deux ans au Sénat – ce qui n’avait pas vraiment handicapé Obama. Avec ses origines afro-américaines et indiennes, cette centriste a déjà montré ses qualités de débatteuse, notamment lors de l’audition de Jeff Sessions. Il lui reste encore à se faire un nom à l’échelle nationale mais elle est déjà en seconde position chez les bookmakers.

Cory Booker (49 ans, sénateur du New Jersey)

Jeune, check. Charismatique, check. Cory Booker rêve de marcher dans les pas d’Obama, et après la politique locale comme maire de Newark, il est passé dans la division supérieure du Sénat en 2013. Bon orateur, il en fait parfois trop, comme lorsqu’il s’est comparé à Spartacus lors de l’audition du juge Kavanaugh.

Amy Klobuchar (58 ans, sénatrice du Minnesota)

La cote qui monte. Visage encore peu connu, elle a également marqué des points lors de l’audition du juge Kavanaugh, avec des questions pertinentes et un ton beaucoup plus posé que ses collègues démocrates. Siégeant depuis onze ans au Sénat, elle a plus d’expérience que Booker et Harris, et un sondage dans l’Iowa, le premier Etat à voter dans le marathon des primaires, la place en 4e position du peloton.

Les nouvelles têtes

Beto O’Rourke (46 ans, représentant du Texas)

La « Betomania » a battu son plein, mais ça n’a pas suffi pour battre Ted Cruz. Avec 48,3 % des voix dans un Etat conservateur, « Beto » a toutefois révélé un immense potentiel, notamment pour lever des fonds auprès de petits donateurs et mobiliser la jeunesse, bien aidé par son discours viral sur les footballeurs qui s’agenouillent pendant l’hymne. Il a le charisme d’Obama – les deux hommes se sont d’ailleurs rencontrés mi-novembre – et la belle gueule de JFK. Reste à voir si cela suffira pour faire oublier son inexpérience, avec seulement cinq ans à la Chambre des représentants. Il est pour l’instant en 3e position du sondage CNN et en tête chez les bookmakers.

Julian Castro (44 ans, ancien secrétaire au Logement)

Deux Castro pour le prix d’un. Avec son frère jumeau Joaquin, également dans la politique, Julian Castro s’est fait remarquer lors de son discours à la convention démocrate de 2012, notamment en racontant l’histoire de migrante de sa grand-mère, arrivée du Mexique, orpheline, en 1920. L’ex-maire de San Antonio a pris du galon comme secrétaire au Logement sous Obama, et il s’est officiellement lacé dans la course ce samedi, alors que son frère avait déjà vendu la mèche.

Tulsi Gabbard (37 ans, représentante d’Hawaï)

Garde nationale, puis un déploiement d’un an en Irak en 2005 et au Proche-Orient en 2009, cette jeune élue hawaïenne de la Chambre pourrait facilement attaquer Donald Trump, qui s’était fait déclarer inapte au service pour un problème osseux aux pieds. Mais Tulsi Gabbard regrette sans doute d’avoir rencontré Bachar al-Assad en pleine guerre civile, en 2017. Difficile d’imaginer qu’elle rêve sérieusement de la Maison-Blanche. En revanche, une candidature pourrait être un bon moyen de se faire un nom et d’accéder à de plus hautes fonctions, par exemple au Sénat.

Les autres

Plus Michelle Obama répète qu’elle ne veut pas être présidente, plus sa cote de popularité augmente. Idem pour Oprah, qui assure qu’elle ne sera pas candidate. L’avocat de Stormy Daniels, Michael Avenatti, lui, y songeait sérieusement, mais une série de revers judiciaires et des accusations de violences conjugales ont sans doute torpillé ses espoirs. L’ancien ministre de la Justice d’Obama, Eric Holder, est allé faire des repérages dans l’Iowa et doit se décider dans les prochaines semaines, tout comme le milliardaire et ancien maire de New York Michael Bloomberg. Le maire de Los Angeles, Eric Garcetti, aurait des envies, tout comme le tout nouveau gouverneur californien Gavin Newsom. Enfin, John Kerry, qui s’était incliné face à George W. Bush, va « réfléchir » à une éventuelle candidature. Ça va être embouteillé.