Brexit: Theresa May repart en campagne au Parlement britannique

ACCORD Après la trêve de Noël, la première ministre britannique doit convaincre les députés de voter l’accord conclu avec Bruxelles, sous peine de voir se réaliser le scénario inquiétant d’un Brexit sans accord…

20 Minutes avec AFP

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Theresa May à Londres, le 20 décembre 2018.
Theresa May à Londres, le 20 décembre 2018. — AFP

Au Royaume-Uni, les vacances parlementaires sont terminées. La rentrée s’annonce chargée pour la Première ministre Theresa May, qui reprend le dossier du Brexit. Elle tentera une nouvelle fois de convaincre les députés britanniques de ne pas enterrer l’accord de sortie conclu avec les membres de l’Union européenne.

Les députés reprendront mercredi l’examen de ce « Traité de retrait » de l’Union européenne, âprement négocié durant 17 mois, mais dont l’adoption semble très compromise en raison des multiples critiques dont il fait l’objet. Le texte est vilipendé tant par les « Brexiters », qui craignent une forme d’arrimage permanent à l’UE, que par les europhiles espérant encore pouvoir faire marche arrière.

Un vote autour du 15 janvier

Initialement prévu le 11 décembre, le vote sur l’accord avait été reporté à la dernière minute par Theresa May pour éviter une défaite annoncée. Sans accord au jour du Brexit, le 29 mars, le Royaume-Uni mettra fin de manière désordonnée à plus de quatre décennies d’appartenance à l’Union européenne, un scénario redouté par les milieux économiques.

Alors que la presse britannique a évoqué ces derniers jours un possible nouveau report du vote, Theresa May a assuré qu’il aurait bien lieu, la semaine prochaine, autour du 15 janvier. « Oui, nous allons procéder au vote », a déclaré la dirigeante conservatrice, mettant en garde contre les conséquences imprévisibles que pourrait susciter un rejet de l’accord.

Un Parlement plus important

« Si l’accord n’est pas voté (…), nous nous retrouverons alors en terrain inconnu (…) Je ne pense pas que quiconque puisse dire exactement ce qui pourrait alors se passer », a-t-elle dit. « Il y en a qui veulent un deuxième référendum afin d’arrêter le Brexit, d’autres qui cherchent à obtenir un Brexit parfait », a-t-elle souligné. « Je voudrais leur dire de ne pas laisser le mieux devenir l’ennemi du bien, parce que le danger, c’est que nous n’ayons pas de Brexit du tout ».

Pour tenter d’amadouer les députés, Theresa May a indiqué que le Parlement pourrait jouir d’un rôle plus important dans les négociations à venir sur la future relation commerciale entre Londres et les 27. Elle a également évoqué des mesures, sans en préciser la nature, concernant l’Irlande du Nord. Une manière de tendre la main au parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP, dont le soutien lui est indispensable pour obtenir la majorité absolue au Parlement.

Un Brexit sans accord

La dirigeante a en outre indiqué qu’elle continuait à travailler avec Bruxelles pour obtenir des assurances susceptibles de convaincre les députés britanniques, après s’être déjà entretenue avec des dirigeants européens durant la période de Noël.

Mais l’opération de persuasion s’annonce particulièrement ardue pour Theresa May, dont l’autorité a été sérieusement entamée le mois dernier après un vote de défiance organisé au sein de son propre parti, et auquel elle n’a survécu que péniblement, un tiers des députés conservateurs l’ayant désavouée. Alors que la date du Brexit se rapproche à grands pas, le 26 mars 2019, le gouvernement accélère les préparatifs en prévision d’une éventuelle sortie de l’UE sans accord, érigés en « priorité opérationnelle ».

Lundi, un test logistique grand nature impliquant une centaine de camions aura lieu dans un aéroport désaffecté du Kent. Ce site pourrait être utilisé pour éviter les embouteillages à proximité des ports, que pourrait provoquer un rétablissement des contrôles douaniers en cas de « no deal ».