Etats-Unis: Trump prêt à ce que le «shutdown» dure «des mois»

BRAS DE FER Le président américain a indiqué qu'il n'excluait pas de déclarer l'état d'urgence afin d'obtenir les fonds pour construire le mur qu'il a promis pendant la campagne...

P.B. avec AFP

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Donald Trump fait un point sur le «shutdown» depuis les jardins de la Maison Blanche, le 4 janvier 2018.
Donald Trump fait un point sur le «shutdown» depuis les jardins de la Maison Blanche, le 4 janvier 2018. — Manuel Balce Ceneta/AP/SIPA

Dans ce duel politico-budgétaire, personne ne veut céder du terrain, et 800.000 employés fédéraux sont au chômage technique depuis 13 jours. Vendredi, Donald Trump s’est dit prêt à ce que ce « shutdown » de l’administration américaine dure « des mois, voire des années », même s’il estime ce scénario peu probable. En revanche, le record de 21 jours de 1995 pourrait bien être battu, alors que la réunion entre le président américain et les responsables démocrates du Congrès n’a pas débouché sur un accord.

Interrogé sur les propos du leader démocrate Chuck Schumer selon lequel il aurait évoqué un « shutdown » qui pourrait durer « très longtemps, des mois voire des années », le président américain a confirmé. « Oui, j’ai dit cela », a-t-il dit. « Je ne pense que cela sera le cas, mais je suis prêt », a-t-il ajouté. Donald Trump s’est dit « fier », estimant qu’il défendait « la sécurité nationale ».

Un passage en force par l’état d’urgence ?

Les négociations butent toujours sur une enveloppe de 5 milliards de dollars exigée par Donald Trump pour construire une portion du mur qu’il a promis à la frontière mexicaine. Mais les démocrates, qui ont la majorité à la Chambre, refusent catégoriquement. Sans accord et sans argent, certains services de l’Etat américain sont forcés de fermer.

Face à cette impasse, Donald Trump a répondu à un journaliste qu’il n’excluait pas de déclarer l’état d’urgence, afin de pouvoir utiliser des fonds du ministère de la Défense pour faire construire le mur. « Oui, j’y pense, et j’ai ce pouvoir », a-t-il assuré. De nombreux experts estiment toutefois qu’un président américain a besoin de l’accord du Congrès pour cela. Le blocage semble parti pour durer.