Migrants: Un «record de la honte» en passe d'être battu par l'Europe, estiment des ONG

MEDITERRANNEE L'Europe refuse d'accueillir une trentaine de migrants, sauvés au large de la Libye le 22 décembre dernier... 

20 Minutes avec AFP

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L'Espagne est la principale porte d'entrée par voie maritime en Europe des migrants clandestins, devant la Grèce et l'Italie. (Illustration)
L'Espagne est la principale porte d'entrée par voie maritime en Europe des migrants clandestins, devant la Grèce et l'Italie. (Illustration) — LORENZO CARNERO/CORDONPRE/SIPA

Alors que l’Europe refuse, depuis près de deux semaines, d’accueillir une trentaine de migrants, secourus en mer Méditerranée, au large de la Libye, un « record de la honte » est en passe d’être battu, ont dénoncé plusieurs ONG, ce vendredi.

« Cela fait maintenant 14 jours qu’ils sont laissés à l’abandon en mer. Un nouveau record de la honte », a affirmé un collectif d’associations humanitaires et de défense des droits de l’Homme, sur Twitter.

Des enfants qui risquent l’hypothermie et la déshydratation

La détérioration des conditions météorologiques a obligé le Sea-Watch 3, le navire affrété par une ONG allemande, à s’abriter derrière les côtes maltaises. Les autorités de La Valette ont donné leur accord, refusant toutefois que le navire accoste. Trois enfants âgés de un, six et sept ans, « vomissent continuellement, et risquent l’hypothermie et la déshydratation, » a pourtant affirmé Alessandro Metz, un des responsables de ce collectif.

Ces 32 migrants ont été sauvés au large de la Libye le 22 décembre par le Sea-Watch 3, qui navigue sous pavillon néerlandais. Un nouvel équipage et des vivres sont arrivés vendredi à bord du Sea-Watch 3 où, en plus des trois enfants se trouvent trois adolescents non accompagnés et quatre femmes, originaires du Nigeria, de la Libye et de la Côte d’Ivoire.

Le maire de Naples volontaire pour accueillir les 32 migrants

Une autre ONG allemande, Sea-Eye, a indiqué avoir également un de ses navires bloqué au large des côtes maltaises avec à son bord 17 migrants qui attendent depuis le 29 décembre l’autorisation de débarquer. Les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne se sont d’abord montrés très réticents à accueillir ces migrants. Mais Berlin et La Haye ont finalement donné leur feu vert, à condition que d’autres pays se joignent à eux.

Plusieurs villes allemandes, mais aussi italiennes, ont aussi offert d’accueillir ces migrants, le maire de Naples, Luigi De Magistris, affirmant qu’il veillerait lui-même aux opérations de leur débarquement, en signe de défi au ministre de l’Intérieur Matteo Salvini. Ce dernier, également patron de la Ligue (extrême droite), a décidé la fermeture totale des ports italiens depuis son arrivée au pouvoir le 1er juin.

« On a peut-être l’air misérable, mais eux sont pathétiques »

« Les ministres européens continuent de négocier (le sort) de 32 êtres humains. On a peut-être l’air misérable, mais eux sont pathétiques », a commenté Sea-Watch. Dans un communiqué, cette ONG appelle également « les pays européens, à commencer par Malte et l’Italie, à offrir un abri sûr (à ces migrants), conformément au droit international ».

L’organisation Médecins sans frontières (MSF) a de son côté dénoncé un « traitement dégradant sans aucune justification ».

Chaque opération de sauvetage donne à chaque fois lieu à des tractations entre plusieurs pays européens, essentiellement la France, l’Allemagne, l’Espagne et les pays du Benelux, pour prendre en charge ces migrants, faute d’un mécanisme européen pérenne.