Brésil: Bolsonaro veut nettoyer l'administration pour «mettre fin aux idées socialistes et communistes»

REFONTE Le socialisme, porté par l’ex-président Lula, est jugé responsable des maux du pays par de nombreux Brésiliens…

L.Br. avec AFP

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Onyx Lorenzoni, le chef du gouvernement, et Jair Bolsonaro, le président brésilien, le 2 janvier 2019.
Onyx Lorenzoni, le chef du gouvernement, et Jair Bolsonaro, le président brésilien, le 2 janvier 2019. — AFP

L’administration brésilienne passée au tamis par son nouveau président. Jair Bolsonaro a annoncé ce jeudi, à l’issue de son premier conseil des ministres, une épuration des fonctionnaires pour « nettoyer » le Brésil « des idéologies socialiste et communiste ».

« Ça n’a aucun sens de conserver dans un gouvernement ayant un profil comme le nôtre des gens qui défendent une autre logique, un autre système politique, une autre organisation de la société », a affirmé le chef du gouvernement Onyx Lorenzoni à l’issue de cette première réunion ministérielle, à Brasilia. « Nous aurons le courage de faire ce qui a peut-être manqué au dernier gouvernement, commencer à nettoyer la maison dès le début », a-t-il insisté.

Des idées qui ont mené au « chaos »

« C’est le seul moyen de gouverner de façon efficace et de faire ce que la société brésilienne a décidé par les urnes : mettre fin aux idées socialistes et communistes qui nous ont menés au chaos actuel, avec le chômage (…), l’insécurité des familles, les mauvaises prestations du système de santé et des écoles qui endoctrinent au lieu d’éduquer », a-t-il expliqué.

Farouche anticommuniste, Jair Bolsonaro a été élu en octobre en partie grâce à un fort rejet du Parti des Travailleurs (PT) de gauche de l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, qui a régné 13 ans. Il est jugé responsable, par de nombreux Brésiliens, des maux de leur pays comme la corruption.

Lutte contre le racisme contre alphabétisation

En ce qui concerne les écoles, la refonte de l’administration passera notamment par la suppression d’un département de la diversité du ministère de l’Éducation. Celui-ci était notamment chargé de mettre en place des programmes scolaires sur le respect des Droits de l’Homme et le racisme. Ce département sera remplacé par un autre, qui aura pour but d’accroître les efforts en matière d’alphabétisation.

Dans un tweet diffusé mercredi soir, Jair Bolsonaro lui-même a défendu cette mesure. Il a affirmé qu’elle visait à « former des citoyens prêts à entrer sur le marché du travail, contrairement aux gouvernements précédents, qui ont investi dans la formation de mentalités esclaves des idées à dominante socialiste ».

Les 22 ministres du gouvernement Bolsonaro ont pris leurs fonctions mercredi et ce premier conseil semble avoir été un tour de chauffe avant une entrée dans le vif du sujet mardi au prochain conseil des ministres.