Inde: Une troisième femme est entrée dans le temple d'Ayyappa

RELIGION Depuis le 28 septembre dernier le temple hindou n'est plus interdit aux femmes en âge d’avoir leurs règles, ce que contestent les traditionnalistes du pays...

20 Minutes avec AFP
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Des femmes présentes le temple hindou d'Ayyappa, à Sabarimala
Des femmes présentes le temple hindou d'Ayyappa, à Sabarimala — COCHIN, INDE

Une troisième femme a réussi à entrer dans le temple hindou indien d’Ayyappa, à Sabarimala, en dépit des militants hindous mobilisés pour empêcher les femmes de pénétrer dans ce sanctuaire, a annoncé la police ce vendredi. « Elle est entrée dans le temple tard jeudi soir. Elle a 47 ans et est venue pour prier. Nous sommes au courant et surveillons la situation », a déclaré Balram Kumar Upadhyay, un responsable de la police de l’Etat de Kerala, où se trouve le temple.

Le grand temple hindou d’Ayyappa, l’un des sanctuaires les plus sacrés de l’hindouisme, a fait l’objet pendant vingt ans d’une bataille judiciaire autour de son interdiction à toutes les femmes en âge d’avoir leurs règles, soit entre 10 et 50 ans. La bataille a pris fin le 28 septembre 2018 avec une décision de la Cour suprême jugeant cette mesure discriminatoire. Mais les hindous traditionalistes refusent d’accepter cette décision et des militants se relayaient depuis devant le temple pour empêcher son application.

Manifestations et affrontements

Mercredi, deux femmes d’une quarantaine d’années étaient parvenues, pour la première fois, à pénétrer avant l’aube dans le temple, sous protection policière et à l’insu des fidèles traditionalistes. Cette intrusion a entraîné de nombreuses manifestations et des affrontements entre les traditionalistes et la police, ainsi que plus de 750 arrestations. Le responsable policier a précisé que la situation vendredi était « normale pour l’instant ».

Les femmes ayant leurs règles sont souvent considérées comme impures dans la société indienne conservatrice et patriarcale. Si la plupart des temples n’autorisent pas les femmes à entrer lorsqu’elles ont leurs règles, Sabarimala était l’un des rares à interdire l’entrée de toutes les femmes entre la puberté et la ménopause.