Egypte: Une femme condamnée pour avoir dénoncé le harcèlement, son mari demande sa grâce

JUSTICE Mohamed Lotfi, célèbre militant des droits de l’Homme, estime que son propre engagement est « la vraie raison » de la condamnation de sa femme…

20 Minutes avec agences

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La grâce a été demandée au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi (illustration).
La grâce a été demandée au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi (illustration). — MOHAMED EL-SHAHED / AFP

Mohamed Lotfi, un militant des droits de l’Homme a demandé la grâce de sa femme au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Arrêtée en mai, Amal Fathi, ancienne actrice et mannequin de 34 ans, a été condamnée ce dimanche en appel à deux ans de prison ferme pour « diffusion de fausses informations » et « incitation au renversement du régime » alors qu’elle avait dénoncé le harcèlement sexuel en Egypte.

Elle avait notamment partagé sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle elle critiquait le manque d’action des autorités face à ce problème.

Pourvoi en cassation

« Nous demandons au président de la République sa grâce », a déclaré ce mercredi à l’AFP son mari Mohamed Lotfi, célèbre militant à la tête de la Commission égyptienne pour les droits et les libertés (ECRF). Celui-ci indique avoir présenté une demande en ce sens auprès du Conseil national des droits de l’Homme, chargé de transmettre le dossier à un comité présidentiel.

Il a également précisé que la condamnation de sa femme ferait l’objet d’un pourvoi en cassation.

Harcelée par deux hommes le même jour

Mohamed Lotfi, 37 ans, a appelé Abdel Fattah al-Sissi à prendre en compte le fait que sa femme, mère d’un enfant de trois ans, est « une victime » de harcèlement. Elle souffre d’un « traumatisme » et d’une « dépression » pour laquelle elle suit un traitement. « Son état (psychologique) s’est aggravé » durant ses huit mois de détention, assure-t-il.

Amal Fathi a déclaré avoir été harcelée par un chauffeur de taxi puis par un surveillant de banque le même jour. Elle avait enregistré dans la foulée une vidéo dans laquelle elle exprimait son exaspération, a expliqué son époux.

« Une pression pour que j’arrête mon travail »

Actuellement assignée à résidence, Amal Fathi doit se rendre au commissariat chaque semaine. Mohamed Lotfi craint qu’elle soit de nouveau arrêtée ce samedi lors de son prochain rendez-vous.

L’homme, de nationalités égyptienne et suisse, estime que son propre engagement pour les droits de l’Homme est « la vraie raison » de la condamnation de sa femme. « C’est d’une certaine manière une pression sur moi pour que j’arrête mon travail en faveur des droits de l’Homme », a-t-il assuré.