Inde: Deuxième jour de heurts entre les traditionalistes religieux et la police contre l'entrée des femmes dans un temple

RELIGION La Cour suprême indienne a aboli l'interdiction faite aux femmes d'entrer dans un temple entre 10 et 50 ans...

20 Minutes avec AFP

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Des policiers indiens devant le temple de Sabarimala, où un prêtre a procédé à une purification après l'entrée de deux femmes dans le bâtiment, le 2 janvier.
Des policiers indiens devant le temple de Sabarimala, où un prêtre a procédé à une purification après l'entrée de deux femmes dans le bâtiment, le 2 janvier. — AFP

Des affrontements ont à nouveau eu lieu dans l'Etat du Kerala en Inde. Pour la deuxième journée consécutive, des hindous traditionalistes se sont opposés à la police indienne. Ils protestent contre l’entrée de deux femmes dans un des sanctuaires les plus sacrés de l’hindouisme.

Mercredi, deux femmes sont entrées, sous protection policière dans le temple de Sabarimala, dans l’Etat du Kerala (sud), à l’insu des fidèles traditionalistes. Ceux-ci restent très hostiles à une décision de la Cour suprême annulant l’interdiction imposée aux femmes âgées de 10 à 50 ans, en âge d’avoir leurs règles, de pénétrer dans ces temples. Les violences consécutives à cet acte ont fait un mort et 15 blessés ; 266 protestataires ont été arrêtés dans l’ensemble du Kerala.

Une ville à l’arrêt

La tension demeurait palpable jeudi dans l’Etat, où quatre personnes ont été blessées à l’arme blanche. Mardi, des dizaines de milliers de femmes avaient formé une chaîne humaine pour soutenir la décision de la Cour suprême, abolissant l’interdiction d’entrée pour les femmes. Cette manifestation appelée « Mur des femmes » était soutenue par le gouvernement de gauche de l’Etat. Mercredi, la police a eu recours aux gaz lacrymogènes et aux canons à eau pour tenter de mettre un terme à des affrontements entre groupes rivaux, notamment devant le Parlement de l’Etat à Thiruvananthapuram.

Des journalistes ont été agressés jeudi dans la ville de Palakkad lors d’une marche organisée par le BJP et le Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS, Corps des volontaires nationaux), une puissante organisation de masse, matrice du nationalisme hindou et dont est issu l’actuel Premier ministre indien. Le chef du gouvernement de gauche du Kerala, Pinarayi Vijayan, a accusé le BHP et le RSS de tenter de transformer Sabarimala en « champ de bataille ».

La police s’est heurtée également jeudi aux protestataires qui pressaient les boutiques de baisser leurs rideaux de l’aube au coucher du soleil, conformément à l’appel des responsables du temple. La plupart des commerces sont restés fermés dans l’Etat et les bus ne fonctionnaient pas. Selon les médias, les vitres de 99 autobus ont été endommagées par des jets de pierre, faisant pour quelque 480.000 dollars de dégâts.