Rwanda: Non-lieu dans l'enquête sur l'attentat déclencheur du génocide de 1994

JUSTICE Depuis plus de 20 ans, ce dossier empoisonne les relations entre Paris et Kigali, sur fond de débat sur les responsabilités françaises à l’époque du génocide... ...

20 Minutes avec AFP

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Des crânes humains exposés au Mémorial du génocide à Nyamata, dans l'église catholique où des milliers de personnes ont été massacrées en 1994, lors du génocide au Rwanda
Des crânes humains exposés au Mémorial du génocide à Nyamata, dans l'église catholique où des milliers de personnes ont été massacrées en 1994, lors du génocide au Rwanda — Simon Maina AFP

Les juges d’instruction en charge de l’enquête sur l’attentat contre le président rwandais Juvénal Habyarimana ont rendu une ordonnance de non-lieu, écartant la perspective d’un procès sur cet épisode déclencheur du génocide de 1994, a-t-on appris ce mercredi de source judiciaire.

Ils ont ainsi suivi les réquisitions du parquet de Paris, réclamant en octobre l’abandon des poursuites contre des proches de l’actuel président rwandais Paul Kagame, qui risquaient d’être renvoyés devant une cour d’assises.

Pas de « de charges suffisantes »

Dans cette ordonnance rendue le 21 décembre, les magistrats expliquent prendre cette décision « en l’absence de charges suffisantes », a précisé la source judiciaire à l’AFP.

L’information judiciaire avait initialement été ouverte pour « assassinat et complicité d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste », ainsi que pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ».

Me Philippe Meilhac, avocat de la veuve de l’ex-président, Agathe Habyarimana, a annoncé à l’AFP que les parties civiles allaient faire appel de cette ordonnance.

Depuis plus de 20 ans, ce dossier empoisonne les relations entre Paris et Kigali, sur fond de débat sur les responsabilités françaises à l’époque du génocide.

Le 6 avril 1994, l’avion de Juvénal Habyarimana, un Hutu, avait été abattu en phase d’atterrissage à Kigali par au moins un missile. Cet attentat est considéré comme le déclencheur du génocide qui fit 800.000 morts selon l’ONU, principalement dans la minorité tutsi.