Présidence de l'UE: le grand oral de Nicolas Sarkozy à J-1

V.G. (avec agence)

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"Il faut changer profondément notre façon de faire l'Europe", qui "inquiète" les citoyens européens, a déclaré lundi le président Nicolas Sarkozy, à la veille du lancement de la présidence française de l'Union européenne.
"Il faut changer profondément notre façon de faire l'Europe", qui "inquiète" les citoyens européens, a déclaré lundi le président Nicolas Sarkozy, à la veille du lancement de la présidence française de l'Union européenne. — AFP/France3

Nicolas Sarkozy passait lundi soir sur France 3 son grand oral à la veille du début de la présidence française de l'Union européenne. «Il faut changer profondément notre façon de faire l'Europe», qui «inquiète» les citoyens européens, a-t-il déclaré.

«L'Europe inquiète et, pire, je trouve, peu à peu nos concitoyens se demandent si finalement l'échelon national n'est pas mieux à même de les protéger que l'échelon européen», a affirmé le président de la République. «C'est un retour en arrière et s'il y a retour en arrière, c'est qu'il y a eu erreur dans la façon de construire l'Europe».

Un nouveau référendum en Irlande? Oui, mais sans le dire


Interrogé sur les conséquences du «non» irlandais», Nicolas Sarkozy a estimé qu'on avait «pas trop de temps» pour trouver une solution au non irlandais, précisant que «la limite» était les élections européennes de juin 2009. «Quelle est la limite? Juin 2009, parce qu'il y a des élections européennes», a poursuivi le président.

Sur la question d'un éventuel nouveau référendum en Irlande, le Président de la République a répondu: «Je ne veux pas le dire comme ça, parce que ça donnerait le sentiment de leur forcer la main». Il a néanmoins rappelé que «cela avait déjà été le cas en 2001 en Irlande, à la suite du traité de Nice».

Sarkozy insiste sur la TVA dans la restauration

Le président de la République a par ailleurs fait part de sa volonté d'«obtenir la TVA à taux réduit» sur la restauration avant la fin de la présidence française fin 2008, une promesse de campagne jamais réalisée de son précédesseur Jacques Chirac.

Il a une nouvelle fois défendu sa proposition de plafonner la TVA sur les produits pétroliers pour faire face à la hausse du prix du baril. «Si en octobre le prix du baril a continué à augmenter, s'il est à 175, 180, 200 dollars pourquoi pas, on ne va pas continuer en plus à prendre 20% de fiscalité», a-t-il déclaré, rappelant que les 27 avaient «refusé» d'accepter «tout de suite» sa proposition.

«Une fiscalité propre»

Autre initiative: le chef de l'Etat a annoncé qu'il proposerait à ses partenaires européens que la TVA sur «tout ce qui est écologique», notamment les immeubles HQE (haute qualité environnementale) et les voitures propres, soit abaissée «à 5,5%».

Enfin, Nicolas Sarkozy a défendu son grand projet de pacte européen pour l'immigration et l'asile que doit présenter les 7 et 8 juillet Brice Hortefeux: «On ne doit pas non plus pouvoir régulariser globalement et en tout cas, si on le fait, on doit demander l'avis de ses voisins puisqu'en régularisant chez soi, on accueille aussi ceux qui sont dans l'espace Schengen. Il faut une politique d'immigration commune».

Par ailleurs, le Président a déclaré qu'il annoncerait «la semaine prochaine» s'il se rend ou pas à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin le 8 août.