Présidence française: «Au-delà des paillettes, Nicolas Sarkozy fait de vrais efforts»

EUROPE Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert-Schuman et auteur d’un livre sur Nicolas Sarkozy, fait le point...

Propos recueillis par Vincent Glad

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La semaine politique sera marquée par le début de la présidence française de l'Union européenne, la préparation du congrès du PS, avec la remise des "contributions", et l'examen en session extraordinaire au Parlement des textes sur les 35 heures et la "modernisation de l'économie".
La semaine politique sera marquée par le début de la présidence française de l'Union européenne, la préparation du congrès du PS, avec la remise des "contributions", et l'examen en session extraordinaire au Parlement des textes sur les 35 heures et la "modernisation de l'économie". — Gérard Cerles AFP/Archives

La France prend mardi la présidence de l’Union européenne avec des objectifs très ambitieux en matière d’environnement, d’agriculture, d’immigration et de défense. Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert-Schuman et auteur d’un livre sur Nicolas Sarkozy («Un européen très pressé», éditions du Moment), fait le point à la veille de cette échéance.
 
Nicolas Sarkozy a-t-il les épaules pour réussir une présidence de l’UE si ambitieuse?
Le principe d’une présidence européenne, c’est d’arriver à dégager des positions communes. Pour cela, il faut savoir écouter et convaincre. Contrairement à l’image qu’en renvoient les médias, Nicolas Sarkozy a montré ces derniers mois un profil très à l’écoute sur le terrain européen. Le président français garde en outre une grande force de persuasion dans les face-à-face, ce qui est très important pour faire passer de douloureux compromis.
 
A-t-on déjà vu une présidence de l’Union européenne aussi médiatique?
Non, la France déploie des efforts sans précédent en matière de communication. Il y aura beaucoup de paillettes, mais le décorum est important pour montrer que la France veut aller plus loin dans l’intégration européenne après le coup de froid du «non» au référendum en 2005. Au-delà des paillettes, Nicolas Sarkozy fait de vrais efforts en direction de l’UE. Son voyage en mai 2007 à Bruxelles était une première: jamais un chef d’Etat français n’avait rendu visite officiellement au président de la Commission européenne, considéré ainsi comme un chef d’Etat.
 
Les échos de la presse européenne donnent l’impression que Nicolas Sarkozy est mal perçu par nos partenaires européens…
C’est un Européen très pressé: ça choque, ça intrigue, mais ça bouge. Les dirigeants européens se méfient un peu de sa suractivité mais ils ne le sous-estiment pas. N’oublions pas que quand Helmut Kohl est devenu chancelier, il était considéré par la presse comme l’idiot du village. De la même manière, Gerhard Schröder a été accueilli sur la scène internationale avec l’image que lui accolait les médias, d’un social-traître qui fume le cigare. Nicolas Sarkozy est tout simplement un animal politique européen d’un nouveau genre et les Européens attendent de voir ce qu’il pourra faire.
 
La présidence française est très ambitieuse en termes d’environnement, d’immigration ou de défense. Pourquoi la question sociale, mise à jour par le «non» français au référendum de 2005, est-elle occultée?
Le thème français de l’Europe sociale est un mirage. La France a le régime social le plus favorable en Europe. Si on veut harmoniser sur la base des standards français, cela mécontentera nécessairement nos partenaires européens. Par exemple, en Allemagne, la retraite est fixée à 67 ans, contre 60 ans en France.