Etats-Unis: Deux Chinois inculpés pour piratage informatique dans 12 pays

CYBERATTAQUE Les deux hommes feraient partie d’un groupe connu sous le nom d’APT 10, qui a mené « une campagne mondiale d’intrusion dans des ordinateurs » pour voler des données confidentielles à des dizaines d’entreprises…

20 Minutes avec AFP

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Illustration: sécurité informatique, piratage.
Illustration: sécurité informatique, piratage. — SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA

Deux Chinois accusés d’avoir mené des cyberattaques contre 12 pays ont été inculpés aux Etats-Unis, ont annoncé les autorités américaines, s’attirant les foudres de Pékin.

Ces « pirates informatiques associés au gouvernement chinois », Zhu Hua et Zhang Shilong, sont notamment poursuivis pour « association de malfaiteurs » en vue de commettre des intrusions et des fraudes informatiques.

Des accusations « montées de toutes pièces », selon Pékin

Selon l’acte d’accusation, les deux hommes font partie d’un groupe connu sous le nom d’APT 10 qui agit depuis la Chine en coordination avec le ministère de la Sécurité d’Etat. De 2006 à 2018, ce groupe a mené «  une campagne mondiale d’intrusion dans des ordinateurs » pour voler des données confidentielles et des secrets industriels à des dizaines d’entreprises dans 12 pays, dont les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, le Canada et le Royaume-Uni, selon le ministère américain de la Justice.

La diplomatie chinoise a promptement réagi en dénonçant ce vendredi matin des accusations « montées de toutes pièces ». Accusant les Etats-Unis de se livrer eux-mêmes à l’espionnage informatique du reste du monde, Pékin appelle les autres pays à « cesser de diffamer délibérément la Chine afin de ne pas nuire à leurs relations bilatérales » avec elle. Selon Washington, les pirates présumés ciblaient particulièrement des sociétés spécialisées dans la gestion à distance des services informatiques d’autres entreprises ou organisations - les Managed service provider (MSP).

« Il va être difficile pour la Chine de feindre l’ignorance »

Parmi leurs victimes se trouvent une institution financière mondiale, trois entreprises de télécommunications, un fournisseur de pièces automobiles. « Il s’agit tout simplement de tricherie et de vol, et ça donne à la Chine un avantage injuste aux dépens des entreprises et des pays qui respectent les règles internationales », a dénoncé le numéro deux du ministère de la Justice, Rod Rosenstein. « Il va être difficile pour la Chine de feindre l’ignorance », maintenant que les Etats-Unis ont rendu public un acte d’accusation très précis et détaillé, a-t-il estimé.

« L’Amérique et ses alliés savent ce que la Chine fait. Nous savons pourquoi elle le fait. Et dans certains cas, nous savons même qui sont les individus » derrière les ordinateurs, a énuméré Rod Rosenstein. Aucun pays ne représente « une menace aussi lourde et sur un temps aussi long » que la Chine, a assuré de son côté le directeur du FBI Christopher Wray. La Chine veut, selon lui, « remplacer les Etats-Unis comme première puissance mondiale ».

Une responsable de Huawei soupçonnée de fraude

Quelque 90 % des dossiers d’espionnage économique ayant fait l’objet d’une enquête au cours ces sept dernières années, et deux tiers des affaires de vols de secrets industriels, impliquaient Pékin, a assuré jeudi le gouvernement américain. En octobre, un espion chinois présumé a été extradé de Belgique où il avait été arrêté, accusé d’avoir cherché à obtenir des informations sur plusieurs compagnies aéronautiques, dont General Electric Aviation. Un peu plus tard, dix ressortissants chinois ont été inculpés par la justice américaine pour espionnage économique contre des sociétés aéronautiques françaises et américaines.

Mais c’est une autre affaire judiciaire, qui ne porte pas sur de l’espionnage économique, qui a récemment le plus ébranlé la relation entre les deux pays : le 1er décembre, une responsable du géant chinois des télécoms Huawei a été arrêtée au Canada à la demande des Etats-Unis. Meng Wanzhou, 46 ans, est soupçonnée d’avoir fraudé pour contourner les sanctions américaines contre l’Iran. Remise en liberté sous caution, elle reste sous le coup d’une procédure d’extradition. Huawei, fondé par un ancien ingénieur de l’armée chinoise, est déjà mis à l’index dans plusieurs pays, dont les Etats-Unis, pour des soupçons d’espionnage potentiel.