Un village chinois s'enflamme

Armelle Le Goff (avec AFP) - ©2008 20 minutes

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L'histoire dit beaucoup de la Chine et de ses tourments. Des émeutes ont éclaté ce week-end dans le sud-ouest de la Chine, dans le canton de Wengan, dans la province du Guizhou. Des villageois ont incendié des bâtiments gouvernementaux, semble-t-il, pour protester contre la façon dont la police a enquêté sur la mort d'une adolescente. Les sources sont rares, car les autorités chinoises, qui contrôlent la Toile, censureraient les sites évoquant les incidents. Quant à Chine nou­velle, l'agence de presse officielle, elle ne diffuse que peu d'infos, assimilant les fauteurs de troubles à des « criminels ».

A l'origine de la colère des villageois, le viol et le meurtre d'une jeune fille, il y a neuf jours. Et, selon des forums Internet, le sentiment que la police aurait tenté d'étouffer l'affaire pour protéger le fils d'un haut dirigeant du canton, principal suspect. Mais le courroux des habitants serait monté d'un cran samedi, lorsqu'ils ont appris la mort à l'hôpital de l'oncle de la jeune fille. Ce dernier, qui s'était élevé contre les résultats de l'enquête ayant conclu au suicide de l'adolescente, serait mort après avoir été passé à tabac. C'est en tout cas ce qu'affirme une habitante de Wengan à l'AFP, sous couvert de l'anonymat par crainte de représailles, avant de dérouler le fil des événements : « Comme l'oncle enseignait dans une école locale, des dizaines d'élèves sont allés demander des comptes à la police, c'est à ce moment-là que certains d'entre eux ont été frappés. Après avoir été tabassés, ils ont incendié des locaux et des voitures de police. »