Syrie: La France «reste» militairement engagée

CONFLIT En Syrie, la France participe à la coalition internationale sous commandement américain avec des avions de chasse stationnés notamment en Jordanie...

20 Minutes avec AFP

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Un véhicule de la coalition internationale anti-Daesh en Syrie, le 5 juin 2018.
Un véhicule de la coalition internationale anti-Daesh en Syrie, le 5 juin 2018. — Delil souleiman / AFP

La France « reste » militairement engagée en Syrie, a déclaré ce jeudi la ministre française des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, après l’annonce du retrait des troupes américaines stationnées dans le pays en guerre.

« Pour le moment bien sûr, nous restons en Syrie », a déclaré la ministre sur la chaîne d’information en continu CNEWS, interrogée sur le retrait américain annoncé mercredi soir par le président Donald Trump, à la surprise générale.

« La lutte contre le terrorisme n’est pas terminée », a ajouté la ministre, évoquant « l’attaque terroriste à Strasbourg », dans le nord-est de la France, qui a fait la semaine dernière cinq morts et onze blessés dont certains encore dans un état grave.

Le «combat continue»

La lutte contre le terrorisme « a fait des grands progrès. C’est vrai qu’on a beaucoup avancé en Syrie dans la coalition mais ce combat continue, nous continuerons à le mener », a-t-elle déclaré.

« Daesh n’est pas rayé de la carte, ni ses racines d’ailleurs », a renchéri dans un tweet la ministre française des Armées Florence Parly, utilisant l’acronyme arabe du groupe djihadiste Etat islamique. « Il faut vaincre militairement de manière définitive les dernières poches de cette organisation terroriste », a-t-elle ajouté, reconnaissant cependant que « Daesh est plus affaibli que jamais ».

« Daech est passé à la clandestinité et en mode insurrectionnel dans sa manière de combattre. Daesh a perdu plus de 90 % de son territoire. Daesh n’a plus de logistique comme il a pu en avoir », a-t-elle rappelé.

Autonomie de stratégie en Europe

En Syrie, la France participe à la coalition internationale sous commandement américain avec des avions de chasse stationnés notamment en Jordanie et de l’artillerie à la frontière irakienne avec la Syrie en soutien des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde.

La France n’a par ailleurs jamais confirmé officiellement la présidence de forces spéciales sur le terrain, évoquée par le Pentagone.

La décision américaine unilatérale « nous fait réfléchir encore davantage à la nécessité d’avoir une autonomie de décision, une autonomie de stratégie en Europe. Ca montre qu’on peut avoir des priorités différentes » (des Etats-Unis), a poursuivi Nathalie Loiseau.