«Nous avons vaincu» Daesh en Syrie... Trump ordonne un retrait des troupes américaines

ARMEE 2.000 soldats américains sont actuellement déployés dans la région, et le président américain semble avoir pris cette décision seul, contre l'avis de ses généraux...

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump et le secrétaire à la Défense Jim Mattis lors d'une réunion avec les généraux des Joint chiefs of staff à la Maison Blanche, le 23 octobre 2018.
Donald Trump et le secrétaire à la Défense Jim Mattis lors d'une réunion avec les généraux des Joint chiefs of staff à la Maison Blanche, le 23 octobre 2018. — Manuel Balce Ceneta/AP/SIPA

C’est une décision aux lourdes implications géopolitiques. Donald Trump, qui estime avoir atteint son objectif de «vaincre» Daesh en Syrie, a ordonné un retrait complet des troupes américaines stationnées dans ce pays, a-t-il annoncé mercredi.

«Nous avons gagné contre ISIS (Daesh) il est temps de rentrer», a lancé le locataire de la Maison Blanche dans une courte vidéo postée sur son compte Twitter. «Nos garçons, nos jeunes femmes, nos hommes, ils rentrent tous, et ils rentrent tous maintenant».

Le sénateur républicain Lindsey Graham a immédiatement exprimé ses réserves mercredi, estimant sur Twitter que « le retrait de cette petite force américaine en Syrie serait une énorme erreur, façon Obama ».

Mise en garde

Cette annonce surprise, qui transforme en profondeur le rapport de force en Syrie, où la Russie est à la manoeuvre, a été faite dans une certaine confusion, renforçant l'image d'un président isolé sur ce dossier au sein de son administration. Quelque 2.000 soldats américains sont actuellement déployés dans le nord de la Syrie, essentiellement des forces spéciales présentes pour combattre Daesh et entraîner les forces locales dans les zones reprises aux djihadistes.

Ces derniers mois, de hauts responsables militaires américains ont multiplié les mises en garde contre un retrait précipité qui laisserait la voie libre en Syrie aux alliés du régime de Bachar al-Assad, à savoir la Russie, grande rivale des Etats-Unis, et l'Iran, véritable bête noire de l'administration Trump.

Cette annonce pourrait par ailleurs placer la milice kurde YPG, qui se bat avec l’appui de Washington contre les djihadistes du groupe EI dans le nord de la Syrie, dans une situation très difficile. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a une nouvelle fois menacé lundi de « se débarrasser » de cette dernière si leur parrain américain ne les contraignait pas à s’en retirer. Ankara considère cette milice comme une organisation « terroriste » liée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

America First

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré qu’Israël, informé par avance par les Etats-Unis, allait étudier les retombées d’un retrait américain de Syrie, mais « saurait se défendre » contre les éventuelles menaces venues de chez son voisin.

Donald Trump, élu sur le slogan « l’Amérique d’abord », a, à plusieurs reprises, exprimé le souhait de « ramener les troupes à la maison ». Ses arguments, maintes fois avancés sur les estrades de campagne ? L’engagement des Etats-Unis au Moyen-Orient coûte des milliards de dollars, qui seraient mieux dépensés au profit du contribuable américain, et il faut laisser « d’autres », notamment les pays arabes du Golfe, faire le travail sur place.