Grèce: Une bombe visant le siège d’un groupe de médias explose, aucun blessé à déplorer

ATTENTAT Un appel anonyme a été passé à une autre chaîne de télévision et à un site d’information pour prévenir de l'imminence de l'explosion...

20 Minutes avec agences

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Une bombe a explosé à Athènes à proximité du siège de Skaï, un groupe de médias privés.
Une bombe a explosé à Athènes à proximité du siège de Skaï, un groupe de médias privés. — Petros Giannakouris/AP/SIPA

Une bombe artisanale a explosé vers 2h30 ce lundi matin devant le bâtiment où siège le groupe de radiotélévision privée Skaï, dans la banlieue balnéaire d’Athènes (Grèce). Aucune victime n’est à déplorer mais la façade de l’immeuble a subi d’importants dégâts, a indiqué la police.

Le gouvernement a condamné cet « acte terroriste », le Premier ministre Alexis Tsipras dénonçant un «  attentat contre la démocratie ». La police antiterroriste a ouvert une enquête. La piste des groupes extrémistes grecs est privilégiée.

Un appel anonyme

La bombe de « grande puissance », composée d’un engin artisanal, a explosé 45 minutes après un appel téléphonique anonyme à une autre chaîne de télévision et à un site d’information pour prévenir de l’imminence de l’explosion. La police a alors aussitôt bouclé les rues avoisinantes et évacué l’immeuble où siège la radiotélévision Skaï, l’une des plus importantes du pays.

Selon la police, la bombe a été placée dans une rue étroite près de la clôture entourant l’immeuble, ce qui a causé une « grosse déflagration ». Les vitres de la façade du bâtiment de Skaï ont volé en éclats, provoquant « d’importants dégâts », selon un communiqué de la station.

Une action d’un groupe d’extrême gauche ?

Pour le moment, l’attentat n’a pas été revendiqué. Mais selon certains experts, le mode d’action renverrait au groupe grec d’extrême gauche OLA (Groupe des combattants populaires), qui a revendiqué au moins cinq attentats similaires, sans victime, depuis son apparition en 2013.

Il s’agit d’un « attentat des puissances lâches et obscures contre la démocratie ; elles ne vont pas toutefois réussir leur objectif, de terroriser ou de désorienter », a déclaré Alexis Tsipras, cité dans un communiqué de ses services. Le chef du gouvernement, mené par son parti de gauche Syriza et du petit parti souverainiste de droite Anel, a exprimé « son soutien sincère aux journalistes et à tous ceux qui travaillent à la chaîne ».

Des « menaces récurrentes contre la station »

L’immeuble de plusieurs étages de Skaï abrite également le quotidien Kathimérini, principal journal de centre-droit d’opposition, comme la radiotélévision. « L’attentat terroriste ne va pas nous décourager (…) nous allons continuer à faire notre travail en surveillant le pouvoir avec indépendance », a indiqué le communiqué de Skaï.

Le groupe accuse notamment le gouvernement de ne pas protéger suffisamment les médias malgré « les menaces récurrentes contre la station ». « Certains cadres gouvernementaux et des mécanismes de propagande ont transformé la station en une cible », poursuit le communiqué. Le porte-parole du gouvernement Dimitris Tzanakopoulos a rejeté ces accusations et « toute tentative de lier cet acte terroriste à la confrontation politique ».