Yémen: Un cessez-le feu effectif attendu mardi à Hodeida

COMBATS Une grande prudence reste de mise quant à la viabilité du cessez-le-feu...

20 Minutes avec AFP

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Un cessez-le-feu doit entrer en vigueur le 18 décembre 2018 au Yémen
Un cessez-le-feu doit entrer en vigueur le 18 décembre 2018 au Yémen — AFP

Un cessez-le-feu dans la province yéménite de Hodeida sera appliqué à compter de mardi minuit (lundi 21h00 GMT), selon les Nations unies, alors que cette trêve devait initialement entrer en vigueur la semaine passée.

Jeudi dernier, des délégations du gouvernement et des rebelles Houthis ont conclu un accord en Suède prévoyant une cessation immédiate des hostilités. De violents combats et des raids aériens se sont toutefois poursuivis ce week-end dans la région de Hodeida (ouest), principal front du conflit yéménite ces derniers mois.

Echange de tirs

Selon des habitants de Hodeida joints par téléphone, des combats sporadiques ont encore lieu ce lundi, à l’est et au sud de la ville portuaire par où transitent l’essentiel de l’aide et des importations alimentaires du pays.

Un responsable des forces progouvernementales a confirmé des échanges de tirs et indiqué que d’autres combats s’étaient déroulées dans la nuit, endommageant une usine dans l’est de Hodeida.

La fin des combats interviendra d’ici quelques heures, a toutefois assuré à l’AFP un responsable de l’ONU.

« Raisons opérationnelles »

« Oui c’est vrai », a-t-il dit, sous le couvert de l’anonymat, à propos d’informations selon lesquelles la trêve devait finalement être appliquée à compter de mardi 00h00 locales. Ce même responsable a justifié ce timing par des « raisons opérationnelles », sans autre précision.

Dimanche soir, le ministre yéménite des Affaires étrangères, Khaled al-Yemani, avait affirmé dans une déclaration à la chaîne de télévision officielle du Yémen que le cessez-le-feu entrerait en vigueur mardi à minuit. Les rebelles Houthis, qui tiennent la ville de Hodeida, n’ont pour l’heure pas réagi.

Selon les termes de l’accord annoncé jeudi dernier par l’ONU, ce cessez-le-feu devait initialement entrer « immédiatement » en vigueur à Hodeida, principal point de fixation du conflit. Un retrait des combattants était aussi programmé pour les « prochains jours ».

Résolutions hostiles

Face à la poursuite d’affrontements, dans lequel au moins 29 combattants sont morts selon des sources progouvernementales, l’émissaire de l’ONU au Yémen, Martin Griffiths, a exhorté dimanche les belligérants à respecter l’accord de trêve.

« Les Nations unies travaillent en étroite collaboration avec le gouvernement yéménite et Ansarullah (rebelles Houthis) pour veiller à ce que les dispositions de l’accord de Hodeida soient mises en œuvre en temps voulu et correctement », a-t-il ajouté.

Dans un tweet, l’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) s’est inquiétée de « la poursuite des combats à Hodeida », ajoutant que ses équipes soignaient de nombreux civils blessés. L’organisation a appelé les belligérants à « respecter les civils et les installations médicales ».

Une grande prudence reste de mise quant à la viabilité du cessez-le-feu : depuis le début du conflit en 2014 --date à laquelle les rebelles Houthis venus du nord ont notamment pris la capitale Sanaa--, sept trêves négociées par l’ONU n’ont pas tenu.