Barack Obama aide Hillary Clinton à éponger ses dettes

ETATS-UNIS Les deux sénateurs tentent de ressouder l'électorat démocrate...

Kéthévane Gorjestani

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La petite ville au nom symbolique d'Unity, dans le New Hampshire (nord-est), se prépare à accueillir vendredi la première réunion de campagne publique des anciens rivaux démocrates de la présidentielle américaine, Barack Obama et Hillary Clinton.
La petite ville au nom symbolique d'Unity, dans le New Hampshire (nord-est), se prépare à accueillir vendredi la première réunion de campagne publique des anciens rivaux démocrates de la présidentielle américaine, Barack Obama et Hillary Clinton. — AFP/Archives

«J’ai fait mon chèque à l’ordre du Comité Hillary pour Présidente» a déclaré Obama jeudi. Le candidat démocrate avait annoncé qu’il allait aider Hillary Clinton à payer ses dettes, soit 20 millions de dollars. Ce jeudi, il a eu un premier geste symbolique: lui et sa femme ont donné chacun 2.300 dollars, montant maximum de don autorisé.

«Sortir les chéquiers pour le Sénateur Clinton»

Dans un hôtel de la capitale, Washington DC, Hillary Clinton a présenté «son ami» Barack Obama à près de 200 de ses plus importants contributeurs. Obama leur a affirmé qu’il avait demandé à ses supporters «de sortir leur chéquier et de faire en sorte que le sénateur Clinton» rembourse ses dettes, ce qui lui a valu une «standing ovation», rapporte le journaliste du «Washington Post».

En revanche, il a déclaré la veille qu’il n’enverra pas d’e-mail demandant à ses «petits contributeurs» de donner de l’argent à Clinton, estimant que « leurs budgets sont plus serrés » et qu’ils ne feraient probablement pas la différence.

Ce geste, tant attendu par le camp Clinton depuis l’annonce de son soutien à Obama, est un nouveau pas dans la tentative de rapprochement entre les deux démocrates, après dix-huit mois d’une primaire extrêmement disputée. C’est d’ailleurs la première fois qu’ils partageaient l’affiche depuis l’abandon d’Hillary Clinton.

L’élection d’Obama est une «priorité»

«Nous devons faire de l’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis une priorité dans nos vies» a-t-elle déclaré à ses donateurs, admettant qu’il restait des rancunes des deux côtés. Elle a rappelé que les Démocrates étaient «une famille» et qu’ils avaient l’opportunité de prouver qu’ils pouvaient faire «tout ce qu’il faut pour essayer de regagner la Maison Blanche.»

Obama a, lui aussi, insisté sur les qualités de son ancienne rivale et son utilité pour la campagne. «Je pense que nous pouvons envoyer le sénateur Clinton n’importe où et elle sera efficace», a-t-il déclaré, sans préciser son rôle exact et éludant, à nouveau, la question d’un «ticket».

La technique de réconciliation semble porter ses fruits. Obama aurait gagné les faveurs de plus de la moitié des supporters de Clinton, selon un sondage AP-Yahoo News paru jeudi.

La réconciliation des démocrates est en marche

Bernard Schwartz, un homme d’affaires new-yorkais et proche de Clinton de longue date, en fait partie. «On dit souvent, je n’oublierais jamais mon premier amour, et bien Hillary était mon premier amour, explique-t-il au site «Huffington Post», mais est-ce que je vais être passionné par Obama? Absolument, et sans équivoque.»

Prochaine étape de la mobilisation des Démocrates, ce vendredi, dans une toute petite ville du New Hampshire d’à peine 2000 habitants, dont le nom est symbolique: Unity.

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