Russie: Des manifestants en gilets jaunes arrêtés devant le siège des services secrets russes

MONDE Le mouvement des gilets jaunes a fait également des émules en Russie. Plusieurs d'entre eux ont été arrêtés devant le siège des services secrets...

C-E.AK avec AFP

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Des policiers russes arrêtent un manifestant en gilet jaune dimanche 16 décembre devant le siège des services secrets russes.
Des policiers russes arrêtent un manifestant en gilet jaune dimanche 16 décembre devant le siège des services secrets russes. — Alexander NEMENOV / AFP

Ce n’est pas encore une marée jaune, mais c’est un début. Plusieurs dizaines de personnes, certaines arborant des gilets jaunes, se sont rassemblées dimanche devant la Loubianka, siège historique des services secrets à Moscou. Elles protestaient contre « la guerre et l’arbitraire des forces de l’ordre ». Sept de ces manifestants ont été interpellés par la police, a rapporté l’organisation OVD-Info, spécialisée dans le suivi des arrestations.

 

Manifestation non autorisée

Au moins sept personnes ont été détenues, a indiqué OVD-info en publiant une photographie des interpellés dans le fourgon de police. Cinq autres personnes ont également été arrêtées devant le ministère de la Santé à Moscou lors d’une manifestation non autorisée « contre les interdictions absurdes » des autorités, a rapporté un militant cité par la radio d’opposition Ekho Moskvy (Echo de Moscou).

« Ils m’ont dépouillé »

Dimitry Ivanov, l’un des militants arrêtés a témoigné pour le site Ovd-Info. « Ils m’ont frappé à l’arrière de la tête et sur le visage avec un téléphone (…) Ils m’ont dépouillé jusqu’à la taille. Pendant environ une demi-heure, ils ont essayé d’obtenir le mot de passe de mon téléphone. Je ne leur ai pas dit. En conséquence, l’un d’entre eux l’a cassé en deux », a-t-il affirmé au site d’informations.

La grande majorité des personnes détenues pour des manifestations non autorisées en Russie sont relâchées au bout de quelques heures ou écopent de courtes peines de détention ou d’amendes. Le président russe Vladimir Poutine avait estimé mardi que des appels à des manifestations non autorisées pouvaient conduire à des explosions de violence comme celles qui ont eu lieu lors des manifestations des « gilets jaunes » à Paris. « Nous ne voulons pas d’évènements dans notre pays où on arrache les pavés et brûle tout ce qu’on voit », avait-il déclaré devant le Conseil présidentiel pour les droits de l’Homme, un organisme consultatif.