Brexit: Theresa May et Tony Blair à couteaux tirés sur la question d'un deuxième référendum

ROYAUME-UNI Theresa May cherche à convaincre les députés britanniques, très divisés, de voter le texte de l'accord avec l'Union européenne pour le Brexit...

20 Minutes avec AFP

— 

Tony Blair, l'ancien Premier ministre, à Copenhague le 22 juin 2018.
Tony Blair, l'ancien Premier ministre, à Copenhague le 22 juin 2018. — Keld Navntoft/AP/SIPA

« Une insulte envers le peuple qu’il a servi. » Un comportement « irresponsable ». Le ton monte entre Theresa May et Tony Blair. La Première ministre britannique a accusé l’ancien chef de gouvernement travailliste de chercher à « saper » le Brexit​ en appelant à un deuxième référendum sur la question.

« Le fait pour Tony Blair d’aller à Bruxelles et de chercher à saper nos négociations en plaidant pour un deuxième référendum est une insulte envers le poste qu’il a occupé et le peuple qu’il a servi », fustige la Première ministre, dans une déclaration transmise aux médias samedi soir.

La réponse de l’ex-Premier ministre ne s'est pas faite attendre. « Loin d’être anti-démocratique, [ce référendum] serait le contraire, comme d’ailleurs plusieurs personnalités de son parti l’ont dit, a-t-il écrit dans une réponse postée en ligne. Ce qui est irresponsable, c’est d’essayer de convaincre de force les députés d’accepter un accord qu’ils considèrent franchement comme mauvais en menaçant de quitter l’Union européenne sans accord, s’ils ne suivent pas la ligne. »

Tony Blair, opposé au Brexit, considère que « ni le peuple, ni le Parlement ne s’unira derrière l’accord de la Première ministre ». Il préconise que le Parlement vote sur différentes options, dont l’accord négocié par Theresa May. « Si (les députés) ne peuvent pas se mettre d’accord, ce qui est logique est de redonner la voix au peuple »

Selon certains médias britanniques, plusieurs membres du gouvernement, dont le numéro 2, David Lidington, œuvreraient en coulisses pour un second référendum.

Le chef de cabinet de Theresa May, Gavin Barwell, a démenti dimanche sur Twitter ces rumeurs, tandis que David Lidington a renvoyé à ses déclarations au Parlement mardi, lorsqu’il avait déclaré que le résultat d’un second référendum « serait certainement une source de divisions et ne pourrait garantir de mettre définitivement fin au débat ».