Le président zimbabwéen Robert Mugabe a profité jeudi de son dernier meeting de campagne pour se dire à nouveau prêt à négocier, après le second tour de l'élection présidentielle vendredi, avec l'opposition qui ne participera pas au scrutin.
Le président zimbabwéen Robert Mugabe a profité jeudi de son dernier meeting de campagne pour se dire à nouveau prêt à négocier, après le second tour de l'élection présidentielle vendredi, avec l'opposition qui ne participera pas au scrutin. — Alexander Joe AFP

Monde

Simulacre d'élection au Zimbabwe pour réélire un président de droit divin

ZIMBABWE – Morgan Tsvangirai, arrivé en tête au premier tour, ne peut se représenter au second tour de la présidentielle...

Les bureaux de vote ont ouvert vendredi au Zimbabwe pour un simulacre d'élection présidentielle à laquelle seule se présente le chef de l'Etat Robert Mugabe, qui à 84 ans s'estime investi d'un pouvoir de droit divin.

En théorie, 5,9 millions d'électeurs figurent aux registres mais nombre ne seront pas en mesure de voter, sans compter tous ceux qui auront peur de se rendre aux urnes. Aucun observateur occidental n'a été accrédité et seuls quelques centaines d'Africains surveilleront le déroulement des opérations de vote.

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Selon le leader de l'opposition Morgan Tsvangirai, qui a annoncé dimanche son retrait de la course à la présidence face à l'ampleur de la répression, 200.000 personnes ont été déplacées, plus de 86 de ses partisans tués et plus de 10.000 personnes blessées depuis les élections générales du 29 mars.

Le régime, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ex Rhodésie du sud britannique en 1980, avait essuyé une défaite historique à ce scrutin, perdant le contrôle de la Chambre des députés, tandis que Mugabe devait s'incliner devant Tsvangirai au premier tour de la présidentielle, avec 43,2% des suffrages contre 47,9%.

Violences répétées contre l'opposition

La Commission électorale du Zimbabwe, étroitement contrôlée par le pouvoir, avait mis cinq semaines à annoncer le résultat de la présidentielle après avoir délivré ceux des législatives au compte-gouttes. Mais elle n'a finalement guère pu s'écarter de la réalité des urnes: pour la première fois, le décompte des voix avait été affiché le jour de l'élection à l'extérieur des bureaux de vote, une concession du régime au médiateur de l'Afrique australe Thabo Mbeki, le chef de l'Etat sud-africain.

S'il avait réussi à imposer une relative transparence le 29 mars, Mbeki a en revanche échoué à garantir que le second tour de la présidentielle se déroule dans des conditions semblables. Sous le choc de sa déroute, le régime a lancé une offensive en règle contre les partisans de l'opposition ou supposés tels, brûlant les maisons, frappant hommes, femmes et enfants, torturant parfois, selon des organisations indépendantes comme l'association des médecins zimbabwéens pour les droits de l'Homme.