« Kouchner ira au bout de sa mission »

Recueilli par Armelle Le Goff - ©2008 20 minutes

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Corinne Laurent

Journaliste, auteur de Mister Kouchner-Portrait d'un aventurier, Ed. Jacob-Duvernet.

Bernard Kouchner est-il un aventurier en quête d'accomplissement ou un traître en recherche de reconnaissance ?

Il a été accusé de traîtrise par la gauche. Mais c'est plus compliqué que cela. Son parcours est révélateur : dans les années 1990, il adhère au Parti radical de gauche (PRG), mais la greffe ne prend pas. Même chose au Parti socialiste, où il entre en 1998. En fait, il n'arrive pas à s'inscrire dans un groupe. Soit parce qu'il est considéré comme égocentrique, soit parce qu'il gêne par sa volonté de faire avancer les choses. Mais en tant que ministre (à l'Action humanitaire ou à la Santé), son bilan est plutôt bon. Le fait qu'il ait accepté le maroquin des Affaires étrangères n'est donc pas étonnant.

Un adjectif revient souvent à propos de Kouchner : « viril »...

Il évolue dans un monde d'hommes. D'abord à l'Union des étudiants communistes (UEC), qui lui apprend l'affrontement politique. Puis, au sein de MSF et de MDM, où règne une ambiance de carabins. Et, enfin, en politique, où on compte peu de femmes. Autant d'univers successifs qui vont le former au combat « viril ».

Jean-David Lévitte, le conseiller diplomatique de l'Elysée, dit de lui qu'il est « totalement loyal au Président »...

Il la joue réglo. Il peut avoir des oppositions, mais à ce moment-là, soit il le dit, soit il accepte les règles du jeu. Je crois qu'il s'entend bien avec Nicolas Sarkozy. Je pense qu'il ira au bout de sa mission. Mais on n'est pas à l'abri d'un clash.